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Cinéma « A perdre la raison » : une fiction dérangeante inspirée d’un drame déroutant

Publié par Rédacteur, le 6 juillet 2012

Lors du dernier Festival du Film de Cannes, le film « A perdre la raison », la dernière réalisation de Joachim Lafosse, a été remarqué notamment grâce à l’interprétation de notre compatriote Emilie Dequenne, qui a remporté le Prix d’interprétation féminine dans la catégorie  « Un Certain Regard ». Cependant, les critiques cinématographiques n’ont pas épargné le film.

Et pour cause, l’histoire du film est largement inspirée d’un tragique fait divers : l’affaire Geneviève Lhermitte. L’histoire de cette mère de famille qui un jour décida de mettre fin à la vie de ses quatre enfants. Elle n’a pas réussi à mettre fin à sa propre vie.

Le cinéaste Joachim Lafosse se défend d’avoir voulu reconstituer ou profiter du drame en avançant qu’il s’est seulement « librement inspiré » du drame.

Après toutes ces polémiques entendues autour du Festival de Cannes et lues dans la presse, il me fallait absolument aller voir ce film.

L’histoire : Murielle  (Emilie Dequenne) est une jeune institutrice.  Elle  rencontre un jeune marocain Mounir (Tahar Rahim), ils tombent  amoureux.  Depuis son enfance, le jeune homme a été recueilli par le Docteur Pinget (Niels Arestrup), qui lui assure une vie matérielle. Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, ils cherchent à prendre leur envol. Mais la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle qui enchaîne les grossesses se retrouve alors enfermée entre quatre murs, dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique.

La dépression s’installe insidieusement chez cette mère, qui tente tant bien que mal de  sortir de l’effet pervers de la dépendance, de reprendre le dessus. Pour s’en sortir, elle décide notamment de consulter un psychiatre. Mais la dépression ne quittera plus Murielle qui finira par perdre pied et se laisser aller au désespoir. C’est ce sentiment extrême qui la poussera à commettre l’irréparable.

L’histoire basée sur des faits tragiques, bouleversants, était amenée avec tact, sans voyeurisme.

Deux scènes difficiles, quasi insoutenables, m’ont particulièrement marquée : la première et la dernière. Je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser les découvrir…

Le choix du trio d’acteurs est excellent, leur jeu est fin. Et Emilie Dequenne est tout simplement époustouflante.

Un film, qui amène la réflexion, à voir, bien qu’il ne m’ait pas totalement convaincue.

Poissonnier Céline