Les Inrocks étaient à Bruxelles pour une soirée culturelle

Publié par , le 22 octobre 2011

©Matthieu Matthys

Ce jeudi 20 octobre, les Inrocks nous proposaient une soirée culturelle et intellectuelle pour fêter la sortie de leur numéro spécialement consacré à Bruxelles. Celle-ci était divisée en quatre temps : débat journalistique, visite de l’exposition Bioadversité, première partie de Rodolphe Coster et enfin, le concert de Saul Williams. Petit résumé du rendez-vous où le Bourlingueur du Net a répondu présent.

Débat sur l’avenir de Bruxelles, lien direct avec le numéro exceptionnel des Inrockuptibles.

C’est au beau milieu du cadre caviste du Witloof Bar que nous attendait les trois orateurs invités pour l’occasion afin de nous parler de leurs visions de Bruxelles.

Malgré une ouverture des discussions sur le milieu artistique grandissant de la capitale, le débat identitaire fît très rapidement son apparition dans la bouche des journalistes.

Au menu, l’évolution de Bruxelles dans son carcan exiguë et le multiculturalisme qu’impose cette ville cosmopolite où se côtoient immigrés économiques, réfugiés politiques, fonctionnaires européens et ambassadeurs du monde entier.

Pour ne pas trop entrer dans l’analyse politologique, nous résumerons l’idée que l’offre culturelle dans la ville croît depuis maintenant vingt années et que le futur peut être glorieux pour peu que les deux communautés majoritaires du pays s’entendent à financer davantage les impulsions culturelles qui naissent dans les 19 communes.

Bob Verschueren, l’art du bio-contemporain

Bob Verschueren ouvrait le chemin et nous éclairait de ses commentaires. Qui de mieux, de surcroit, que d’avoir l’artiste en personne pour nous raconter sa vision du monde et nous traduire le langage de ses oeuvres?

Au début de la visite, l’aperçu que nous laissait entrevoir l’enchevêtrement des arbres et des branches au beau milieu du Museum du Botanique nous glissait l’idée préconçue d’assister à une publicité écologique financée par Nicolas Hulot.

Que nenni ! Même si le plasticien semble être très attiré par la nature et les courbes uniques qu’elle crée par magie, il ne ressort de ses oeuvres qu’une vitrine peu flatteuse de l’amour vache de l’homme envers sa mère nature sans que cela nous inflige une critique acerbe de nos pratiques environnementales.

Quoi qu’il en soit, nous fûmes absorbé par une exposition aussi marginale qu’intriguante.

Rodolphe Coster, une drôle de découverte

En première partie, le programme nous réservait une surprise, Rodolphe Coster. Ce bruxellois était une grande énigme pour nous et… le restera.

Et pour cause, son mini concert fût pour le moins étrange. Premièrement, peu de monde arrivait à s’imprégner des variations acoustiques imaginées par cet Ovni de l’underground bruxellois. Des sons stridents et parfois trop torturés rendaient l’écoute et l’analyse difficiles. Deuxièmement, l’homme est seul sur scène, phénomène logique si l’on sait que le projet est solo. Mais hélas, un artiste seul doit posséder un charisme et un pedigree hors normes pour pouvoir prétendre captiver les regards et faire de la scène son territoire. Rodolphe Coster est encore jeune et doit encore mûrir pour pouvoir, un jour, percer les tympans d’un auditoire qui ne demande qu’un peu plus de légèreté pour apprécier.

L’arrivée attendue de Saul Williams

Avant de partir chauffer les scènes germanophones (Allemagne, Autriche et Suisse), c’est dans la capitale européenne que s’est arrêté pour une soirée exclusive l’américain Saul Williams.

Dans le cadre historiquement riche du Botanique, l’excentrique slameur nous a offert une prestation énergique et rythmée comme le font si bien les ressortissants de l’Oncle Sam.

Si l’artiste commence à se construire une renommée en Europe, il est probablement l’une des plus grandes références aux States du style Trip-Hop Electronique. Le style peut faire sourire, même parfois fuir, mais à l’écoute on peut se rendre compte qu’il y a une réelle puissance sonore qui se dégage des variations rythmiques que nous imposent ce licencié en philosophie.

Loin de la haine ou de la rancoeur que peuvent exprimer les stars du rap dans leurs chansons, Saul est un artiste qui dénonce la société dans son ensemble en tombant parfois dans l’épuisement anarchique.

Dès les premiers instants du concert, le public fût emballé par les sons chamaniques offerts par un talentueux guitariste assis en bord de scène à moins d’une enjambée de la foule. Cette intro mettait directement le ton de ce qui allait être une session intimiste comme peut le procurer l’Orangerie. La salle bien remplie s’est enivrée de rythmes éclectiques au point d’en oublier de voir le temps passer. En effet, l’engagement textuel du chanteur nous obligeait à suivre une litanie interminable de revendications servie à la manière du slam dans un anglais heureusement impeccable. Difficile donc de suivre si on en rate un morceau.

Bref, tout était réuni pour passer une soirée originale et décalée aux côtés d’un afro-américain en constante évolution depuis sa révélation dans le film Slam, il y a plus de dix ans.

Matthys Matthieu

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