Un oeil sur… Don’t be afraid of the dark

Publié par , le 6 décembre 2011

Remake, vous avez dit remake ?

Qui a osé dire que le film d’horreur n’était plus à la mode ? Qu’il soit damné car aujourd’hui, preuve en est faite, un des genres les plus populaire d’Hollywood est un dérivé direct du film d’horreur puisqu’il s’agit… du remake de film d’horreur ! Vous êtes circonspects ? Et pourtant, depuis 2009, l’usine à grosses productions qu’est Hollywood ne cesse de nous assommer de remakes des classiques du cinéma horrifique : entre Vendredi 13 (2009), Freddy, les griffes de la nuit (2010), La Dernière Maison sur la gauche (2009), The Wolfman (2010) mettant déjà en scène Benicio Del Toro, Halloween 1 et 2 réalisés par Rob Zombie, The Thing (2011),… et maintenant Don’t be afraid of the Dark, le remake du classique de l’horreur est devenu à la mode. Pathétique avez-vous dit ? Pourquoi donc ? Pour l’image underground définitivement perdue du film d’horreur et encore seulement représentée par quelques doux rêveurs continuant à produire des séries B dégoulinantes à souhait (merci Robert Rodriguez !) ? Pour le fiasco artistique (mais certainement pas financier) que constitue ces productions ? N’exagérons rien ! Si les nouveaux Jason Voorhees et Freddy Krueger n’arrivent pas aux chevilles des anciens, un remake n’est pas forcément synonyme de massacre (à la tronçonneuse) ! Pour preuve, le petit Michael Myers, bébé de Rob Zombie, a été accueilli avec les éloges, le métalleux en herbe (et cheveux) arrivant à transmettre, à merveille, l’esprit du film original tout en lui apportant une touche personnelle qui n’est pas déplaisante.

Mais revenons à nos moutons (noirs). La sortie de Don’t be afraid of the Dark sera-t-elle classée parmi les tops ou les flops ? Pour le savoir, il faut d’abord examiner la recette qui fait d’un film de ce genre un bon remake de film culte de l’horreur. Quelle est-elle ? Tout d’abord, prenez une grosse partie d’un film d’horreur culte (de préférence des années 70 ou 80, ils ne sont pas encore périmés et ceux des années 90 sont trop mûrs), mettez-le dans une casserole. Ensuite, dans un grand bol, mettez un réalisateur de légende dans le genre cité plus haut, mélangez-le avec un nouveau jeune réalisateur, fan du film original et ayant déjà quelques productions à son actif. Laissez reposer les idées et mélangez les deux récipients, ajoutez y une pincée d’humour noir, une grande dose de relooking, un ou deux acteurs cassés mais qui font recette (Katie Holmes en l’occurrence) et de l’hémoglobine qui fait plus vrai que dans l’original. Enfin, la dernière étape, laissez mijoter le public pendant un ou deux ans en leur rappelant régulièrement que votre plat va bientôt sortir, qu’il sera succulent, meilleur que l’ancien, etc…  Et, surtout, sortez-le en grande pompe et bien présenté afin de mieux le vendre. Voilà, vous aussi maintenant vous êtes capable faire un remake de film d’horreur !

Concentrons-nous maintenant sur le plat que nous sert Benicio Del Toro et examinons-en le synopsis : « Une petite fille doit vivre avec son père et sa nouvelle petite amie. Celle-ci va découvrir que de sinistres créatures vivent sous les escaliers de sa nouvelle demeure… ». A la base, Don’t be afraid of the Dark était un téléfilm de 1973 qui mettait en scène Kim Darby. Le scénario est simple et le sujet déjà traité des centaines de fois dans le cinéma (Darkness, Fear of the Dark, Peur(s) du noir,…) mais Del Toro a apparemment trouvé une recette qui fonctionne bien pour ce film qui s’est classé à la 55ème place du classement des recettes de films d’horreur (mais derrière « L’exorciste 3 », la honte) et qui, tout chiffres cumulés, a déjà rapporté pas moins de 31,546,682 $ (23,469,000 $ en un mois).  Pas mal pour un film qui est sorti fin août aux USA et qui devrait bientôt sortir dans nos contrées !

De plus, du côté des critiques, le film ne s’en sort pas mal, il n’est pas encensé mais pas descendu non plus (5.9/10 selon IMDB, la référence en matière de films) ce qui laisse donc une lueur d’espoir. Serait-ce un bon remake ? A voir ! En tout cas, en attendant celui du chef-d’œuvre de John Carpenter tiré du roman de Stephen King The Thing, on se satisfera déjà de celui-ci.

Et par cette démocratisation du film d’horreur ne pourrait-on voir d’autres choses encore plus étonnantes dans le futur ? Alors, à quand un remake de Suspiria par Martin Scorsese ? Un film basé sur The Wizard of Gore réalisé par Steven Spielberg ? Tous les rêves (ou cauchemars) sont permis.

En espérant que Del Toro ne nous déçoive pas avec ce Don’t be afraid of the Dark au risque de voir les guirlandes de Noël censées l’entourer de succès être remplacées par des cloches de Pâques avant l’heure sonnant le glas de sa crédibilité.

Olivier Eggermont

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