Droit au cœur avec Balistique Terminale au Théâtre National.

Publié par , le 19 décembre 2011

C’est avec un sentiment plus fort que jamais, vu l’actualité récente, que le sujet qui nous sera
présenté ce soir est d’actualité que je me rends au Théâtre National pour voir la pièce Balistique
Terminale écrite et mise en scène par Coline Struyf et interprétée par Aline Mahaux et Emilie
Maquest.

Ceux qui s’attendaient à un pseudo spectacle rempli de revendications et de populisme à la Michael
Moore en seront pour leurs frais, ce qui les attends est bien plus élaboré, plus construit et plus beau.

La pièce commence dans le noir, Pan t’es mort !, la chute d’un corps et le spectacle peut commencer.
Balistique Terminale c’est un peu la catharsis de l’attirance humaine pour les armes à feu ; et tout
dans le spectacle aide à une certaine démystification de celle-ci. La prestation remarquable des
deux comédiennes est soutenue par le groupe de post-rock Grinberg interprétant leurs morceaux
en live, ne permettant de nouveau pas au public une mise en situation, ce qui est le but de Coline
Struyf. Effectivement tout au long de la pièce on nous rappelle qu’ici nous ne sommes pas dans la
mythologie, dans le rêve ou dans un film mais dans la réalité froide et dure.

La pièce vogue entre la mise en scène de jeux enfantins, ceux-là mêmes auxquels nous avons tous
joué : le policier et le voleur, le cow-boy, l’agent secret, etc … et la dure réalité de la vie représentée
par une science bien moins fantasmagorique que ne le sont nos représentations forgées par notre
culture, principalement audiovisuelle de nos jours. Pan t’es mort, une phrase intergénérationnelle
qui nous fait prendre conscience de cette banalisation de la violence balistique. C’est un jeu. Mais en
fin de compte, en est-ce vraiment un ?

La pièce alterne entre passages doux et plus rythmés, des chorégraphies presque tribales composées
de spasmes suivant la musique et rappelant la danse Bûto (une danse japonaise contemporaine qui
s’attache à la représentation de la mort) se mêlent à des chansons dont la profondeur est perceptible
même à la première écoute (les amateurs apprécieront le Bang Bang cher à Tarantino dans Kill Bill).
Les corps tombent encore et encore, peut-on donc mourir indéfiniment au théâtre ? Et dans notre
imaginaire ? Cette dénégation de la vérité scientifique (celle de l’impact d’une balle sur un corps par
exemple) pour privilégier nos représentations, forcément erronées, est un des sujets principaux de la
pièce. Le jeu des actrices est remarquable, mêlant tragédie et humour.

C’est une histoire de duel, entre deux femmes, entre nos mythes et la dure réalité, entre une balle et
un corps. Un corps tombe, le rideau se baisse. Chapeau bas.

Eggermont Olivier

Evaluez cet article :
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (No Ratings Yet)
Loading...