Duchess Says (CAN) + Pilöt (FR) + Lady Fucked Up (BE) @ Magasin 4

Publié par , le 20 décembre 2011

© Pilot

Ce que l’on peut d’ores et déjà dire à propos de ce 15 décembre, c’est que les trois groupes aux chanteuses emblématiques ont fait vivre au Magasin 4 une soirée haute en couleurs.

Pour un jeudi à 19h15, la salle du Magasin 4 était déjà relativement bien remplie pour accueillir la première partie. Un trio de femmes, un trio de voix. Un jeu de basse recherché, une guitare relativement discrète, une batterie efficace. Les jeunes bruxelloises de Lady Fucked Up livrent une musique relativement minimale faite d’oscillation entre des rythmes tantôt entrainants, tantôt lancinants et de mélodies plus souvent susurrées que chantées. Malgré une certaine timidité, grâce à un très joli entremêlement de voix et leur bonne humeur, elles ont ouvert cette soirée avec une certaine dose de fraicheur. Agréable.

L’ambiance s’est modifiée avec l’arrivée des parisiens de Pilöt. Les fumigènes ont fait leur apparition, la densité humaine a augmenté en même temps que sont survenus les premiers sons de clavier. Ce que l’on retient de la prestation de Pilöt, c’est surtout cette chanteuse charismatique au look intriguant ressemblant étrangement à la tenue du célèbre Beetlejuice. Ce quatuor – qui était là pour présenter leur dernier EP sorti cette année – livre une musique envoutante, un savant mélange de mélodies électroniques et de sonorités venues d’ailleurs, le tout assorti d’un chant littéralement indéfinissable et d’une rythmique des plus barrée, ne livrant toute sa splendeur que lorsque l’on voit le batteur tripper complètement derrière ses futs. Pilöt n’est pas un groupe dont un peu parler aisément, c’est un groupe qui s’écoute, un groupe qui se voit, un groupe qui se vit.

Il en est un peu de même pour les canadiens de Duchess Says. Je n’avais eu que rarement l’occasion de voir le Magasin 4 si bondé de monde. Et c’était, certes, justifié. Mené par une chanteuse beaucoup plus sociable et volubile que celle de Pilöt, le quatuor québecquois – connu pour ses prestations scéniques énergiques – a complètement mis le feu à la salle bruxelloise, et ce dès les premières notes électroniques stridentes. Annie-Claude, la meneuse, possède tellement de charisme que l’électro-punk-alternatif des musiciens n’est pas ce que l’on retient.

En effet, Annie-Claude a passé les trois quarts du concert en dehors de la scène. Elle chante couchée par terre au milieu du public, danse avec certains fans, en utilise d’autres pour des petits jeux de rôles, balance des draps au milieu du public, ou encore touche et regarde certaines personnes avec un regard plus que pénétrant ; déstabilisant. Dès lors, outre des musiciens plus que carrés, ce qui marque chez Duchess Says est le jeu de scène de la chanteuse ainsi que son interactivité constante avec le public et  l’ambiance générale plus qu’entrainante, rendant l’impassibilité impossible.

Y.P.

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