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Musique Ambiance Post-apocalyptique au Magasin 4

Publié par Rédacteur, le 19 mars 2012

N’étant pas un grand fan de Metal Expérimental/Noise et de tout cette mouvance en générale c’est avec une petite pointe d’appréhension mais aussi une certaine curiosité que je me rendais au magasin 4 en ce Dimanche 18 mars afin d’assister aux concerts de Off the International Radar (post rock), Nadja (Ambient/Sludge /Expérimental) et Ovo (Experimental/Noise).

Le premier groupe à envahir la scène est Off the International Radar, un groupe Canadien entièrement instrumental et nous servant une sorte de post/punk rock psychédélique. Composé de 4 membres (un guitariste, un bassiste et deux claviéristes, l’un allant parfois à la batterie) le groupe parvient à séduire une assemblée pourtant assez clairsemée à cette heure-ci avec une musique assez lourde, des rythmes assez monocordes et lancinants, mais nous emportant dans leur monde post-chaotique. La diffusion d’images sur un écran géant derrière eux, celles-ci évoquant tantôt la civilisation humaine, tantôt la nature, aide à donner une ambiance très étrange à cette performance. Les montées sonores des titres, tout en longueur, ne laissent pas le public indifférent, et ce même si ce n’est pas le genre de musique qui provoque un enthousiasme débordant. Au fur et à mesure du concert, on perçoit les différentes parties d’un même morceau, ceux-ci se décomposant la plupart du temps en plusieurs changements de tempo. La musique forme un tout homogène malgré un son pas toujours au mieux et parfois discordant. La performance est tout de même à saluer, les puristes auront appréciés.

Ce set de Off The International Radar conforte quand même mon impression sur ce style de musique, à savoir que le post (qu’il soit post-hardcore, post-rock ou post-punk) est un peu une musique de l’autisme paradoxal, la musique exprimant ce que les musiciens eux ne font pas, cette musique se suffit à elle-même et ce tandis que ceux qui la produisent n’expriment presque rien, restant sans communication avec le public comme des autistes, comme si l’expression de leur musique les avait vidé.

Mais trêve de philosophie, nous passons déjà au second concert, les Canadiens de Nadja, ce duo composé d’Aidan Baker et Leah Buckareff nous plonge plus dans un sludge/noise, une musique stressante à la guitare saturée au maximum au point de rendre inaudibles les changements de ton et à la batterie pré-enregistrée. C’est ici à une musique presque minimaliste et expérimentale à laquelle nous avons à faire, surtout dans sa composition et malgré un light show de bonne qualité cette musique lourde et stressante ne provoque pas grand-chose, les changements de rythmes sont trop rares et le set peut presque se résumer à une vibration continue, il n’y a pas assez de puissance pour que l’on soit réellement dans la musique. Bref, ce n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de musique accessible, les puristes pourront apprécier cependant la performance qui n’est pas dénuée d’intérêt.

Enfin nous passons à la tête d’affiche de cette soirée, les italiens de Ovo, le duo (guitare/basse et batterie) impressionne d’entrée avec sa chanteuse/guitariste/bassiste masquée et son batteur au masque de catcheur mexicain. Et ils impressionnent encore plus après avoir commencé leur set. Après des débuts un peu post/électro expérimental, le concert commence vraiment et il faut avouer que le groupe dégage vraiment quelque chose ! Un mélange de morbide et de puissance, produisant une musique fantasmagorique parfois à la limite du cauchemardesque, le groupe parvient à nous emmener dans un voyage en enfer avec lui, alternant rythmes saccadés (on croirait parfois qu’il y a une double pédale à la batterie mais il n’en est rien) et beats plus lourds, ce mélange de musique expérimental et de « post/black metal » est saissant ! Soutenu par une voix d’outre tombe s’accordant parfaitement avec les instruments pouvant aller du clair au suraigu en passant par des grognements presque inaudibles, le groupe surprend et séduit au point d’effacer mes préjugés concernant ce genre musical ! Une très bonne performance à n’en point douter ! Ce groupe, qui est un peu l’expression musicale du « circus of freaks » est à voir et à revoir !

Olivier Eggermont