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Musique Boutik Rock 2009

Publié par Lionel, le 9 mai 2010

Le Botanique accueille une fois encore le Boutik Rock du 18 février au 21 février 2009

La Boutik Rock est un événement produit par le Programme Rock de la Communauté française en collaboration avec Court-Circuit, Wallonie-Bruxelles Musiques et le Botanique. Cette manifestation promotionnelle axée sur les musiques actuelles (pop, rock, hip hop, électro, ska, punk …) a pour objectif de valoriser les groupes émergents de la Communauté française par un concert donné dans des conditions optimales devant des professionnels belges et étrangers (agents, organisateurs, labels …) mais aussi un vrai public. Trois mille personnes, vingt-huit groupes à découvrir, des dj’s …

Les premiers noms sont tombés !!!

Auryn, Elvis GhettoBlaster, Les Héritiers, Nestor!, Scylla, Auryn, Lionel Solveigh, The Vagabonds, Veence Hanao, Alpha 2.1, My TV is Dead, Bikinians, Carl, Thot …
Bientôt la liste complète !

Présentation :

Pour la neuvième fois déjà, le Botanique à Bruxelles invite de jeunes groupes émergents de la Communauté française à venir présenter leur musique devant un parterre de professionnels, de journalistes mais aussi devant un public en quête de nouveauté. Cette année, sur 240 inscrits, 28 groupes ont été sélectionnés dans un plus large panel qu’à l’accoutumée : rock, jazz, électro, rap. Plus que jamais, l’affiche du festival s’annonce éclectique.
Tous les soirs, durant les quatre jours du festival, sept groupes disposent d’une demi-heure pour convaincre afin de retenir l’attention des organisateurs de festival ou des labels en présence. La Boutik Rock est donc une formidable occasion pour les jeunes artistes de démontrer leur talent et qui sait, leur permettra peut-être de percer dans le milieu si exigent de la musique.

Boutik Rock – Jour 1

Chronique :

Le Botanique. S’il y a bien un antre magique de la musique à Bruxelles, c’est ici. Son cadre idyllique offre une vue imprenable sur notre si belle ville ; ses jardins, tels le village d’Astérix, constituent le dernier rempart à l’envahisseur urbain ; ses salles, l’Orangerie et la Rotonde, incarnent à elles seules l’intimité et la modestie de l’endroit. Une ambiance chaleureuse s’en dégage, où dans la foule, artistes et public se côtoient dans les allées.

Cette année, c’était à My Tv is Dead d’ouvrir les festivités dans une salle de la Rotonde déjà bien garnie. Une fois rentré dans la salle, je ne pus m’empêcher de comparer l’attitude du chanteur, Amaury Massion, avec celle de Brandon Boyd d’Incubus. La comparaison s’arrête ici mais cela reste frappant. Le groupe a offert une prestation énergique soutenue par la voix d’Amaury plutôt impressionnante en live. Les mélodies sont efficaces et l’on se surprend à se dandiner sur des airs que l’on ne connaissait pourtant pas. Tour à tour, ce sont des photos ou mini-films qui sont projetés à l’arrière de la scène finissant d’installer l’ambiance inquiétante et sombre que dégage le groupe. Ce dernier mélange avec doigté le rock et l’électro, sans que l’on sente une quelconque dissonance entre les deux styles musicaux.
Convaincre en une demi-heure est une tâche ardue mais c’est le pari qu’a réussi ce soir My Tv Is Dead qui donne rendez-vous à son public le 12 mars à l’Ancienne Belgique.

Direction à présent pour l’Orangerie où c’est au tour de BaliMurphy de monter sur scène.
Sans doute le groupe le plus attendu pour ce premier jour. Autant le dire tout de suite, ce fût la meilleure prestation de la soirée. Poétique, touchant, une énergie communicative et surtout une réelle présence sur scène avec des musiciens au charisme évident. Trombone, accordéon, contrebasse et violon se mêlent aux guitares plus classiques pour délivrer un folk rock tantôt dynamique, tantôt intimiste. Point culminant du set, Cédric nous chante « J’hésite », véritable pépite d’inventivité et d’humour. Une chose est sûre, je n’hésiterai pas à aller les revoir.

La suite de mon programme devait être le concert de Carl. A ma grande surprise la Rotonde était déjà pleine. Tant pis, demi-tour. Un petit rafraichissement plus tard, je me place pour voir la belle Auryn. Assise au piano, au centre de la scène, entourée de ses acolytes musiciens, vêtue d’un T-shirt rouge saillant, du genre qui attire les regards. Le concert débute dans le noir, les premières notes du clavier résonnent et la voix envoutante d’Auryn nous plonge directement dans son univers. Car il s’agit bien d’un voyage dont nous a gratifié la chanteuse. Une évasion qui s’est faite de plus en plus intense au fil des compositions qui empruntent des rythmes à Radiohead, voire même de Camille et des envolées lyriques à Muse. L’atterrissage fut plus mouvementé. Le capitaine Auryn, distraite, sans doute « joyeuse », interrompt une chanson en plein fou rire prétextant « penser à autre chose ». Pas grave, elle réussit tout de même à nous épater une dernière fois dans un final explosif.

23h00, changement de ton et de style avec le rappeur Scylla, l’un des membres du collectif belge OPAK. On reconnaît même quelques-uns des membres dans l’assistance, un peu dégarnie il est vrai, venus soutenir leur pote sur la scène de la Rotonde. Scylla, accompagné sur scène du rappeur l’Amser, est parvenu à capter l’attention du public pour finalement convaincre réellement. Sa voix, grave et cassée, percute nos tympans avec vigueur au rythme des rimes d’un discours sur la tolérance. Car c’est le message que veut faire parvenir Scylla. Loin des « clichés du rap » comme il dit, il crie haut et fort à qui veut l’entendre qu’il « kiffe le rap » à travers lequel il trouve un exutoire. Entre les beats sourds, passages a capella et petites histoires, c’est un agréable moment que j’ai passé en sa compagnie. Le rap belge a peut-être trouvé une icône.

Retour dans la grande salle pour voir les Cafénéon. Un groupe de rock electro qui, s’il promettait beaucoup, a déçu. Trop brouillon dans sa mise en place, les chansons peinent à s’enchainer cassant l’ambiance à peine installée. Le chanteur passablement éméché n’arrête pas de parler pour rien et tente à coup d’humour décalé d’animer une salle un peu médusée.
Tels des enfants à qui l’on a confié un jouet trop grand pour leurs petites mains, leur maladresse a empêché le set de décoller. Pourtant le concept sonne bien. A revoir donc, en attendant un peu plus de maturité.

La soirée se termine, beaucoup rentrent déjà et c’est en petit comité que se produit Le Baron5.
Un groupe de power punk wave dont les racines prennent évidemment dans les immortels The Cure. Et c’est peut-être le principal problème du groupe. La voix de Julien ressemble à s’y méprendre à celle de Robert Smith. Ajoutant ainsi au sentiment d’assister à une cover de leur référence plutôt qu’à un véritable groupe. Toutefois, Le Baron5 développe un son puissant dominé par le son du clavier de Julien, indéniablement très doué et charismatique. Un bon moment quand même, l’énergie du groupe aurait gagné à être plus applaudie, mais à 1h du matin en semaine, la programmation n’aura leur aura pas été favorable.

Cette première journée se termine, elle aura vue quelques très bons moments et on remet ça demain pour encore plus de concerts.

Boutik Rock Jour 2 :

De retour aux festivités pour le deuxième jour du festival Boutik Rock. Je remarque une légère baisse de l’assistance par rapport à la veille. Pourtant ce n’est pas faute de bons artistes à l’affiche. De nombreux styles différents étaient représentés : musique instrumentale, rap, métal, électro rock et ska. Bref, un menu très varié que nous proposait hier l’organisation. Voici mes impressions sur les différentes prestations auxquelles j’ai pu assister.

Chronique :

Comme hier, c’est à la Rotonde que démarre la soirée. Ce sont les membres de Doktor Caligari qui montent en nombre sur la petite scène, pas moins de 7 musiciens pour une expérience instrumentale que l’on espère la plus riche possible. Après une entrée timide, voire longuette, les instruments se mettent à jouer : batterie, guitare, clavier et l’omniprésent saxophone. On a beau être prévenu, l’absence de paroles est tout de même déconcertante. Puis l’on s’habitue et on se laisse bercer par les rythmes que délivre le groupe. Le morceau « Lola Montes » finit ensuite de nous convaincre que le concept de Doktor Caligari tient la route.
Véritablement entrainant, haut en couleur et nuancés, ce morceau est sans conteste la réussite de leur prestation instrumentale. Car le groupe a su réserver une surprise pour l’occasion : la présentation de deux chansons cette fois-ci, inédites, à paraître sur leur prochain album. Une chanteuse, Eleonor, vêtue d’une robe légère noire, prends alors place au centre de la scène et impose directement sa délicieuse voix sur des sonorités plus jazz. Sa prestation est excellente, dommage qu’elle n’ait pas eu matière à s’installer plus longuement durant le set. Ce petit intermède parolier exécuté, la fin du concert sera moins excitante même si le titre « Surgery » tentera de nous réveiller avec des sonorités plus rock et une guitare efficace. Une bonne prestation donc, avec quelques très bons moments.

Ntoumos, groupe aux multiples sonorités, allant du hip hop à la drum’n’bass en passant par le funk, a tenté de mettre le feu à la salle de l’Orangerie avec une énergie débordante et une envie manifeste de bien faire. Leur musique est festive et l’on se prendrait vite à danser sur les rythmes endiablés produits. Faute à un public très timide et dispersé, l’ambiance n’a jamais vraiment décollé et l’impression générale de la prestation s’en ressent. Ntoumos s’est débattu pour faire bouger, chanter, réagir mais rien n’y a fait. Il faudra les revoir dans de meilleures conditions pour vraiment les apprécier.

Voici mon coup de cœur de la soirée : Veence Hanao. Véritable performer, il a réussi à mettre le public de la Rotonde dans sa poche par son phrasé accrocheur, ses beats efficaces et une instrumentation fouillée. Accompagné à la guitare ou à la basse par Te Metan, ce dernier apporte une consistance à la performance live de Veence. Pendant une demi-heure, il nous a présenté l’éventail de ses possibilités, en manquant parfois de cohérence dans son récit, comme il le soulignait lui-même, contraint d’observer le timing du festival. Il passe d’histoires de chevaux au réconfort post-rupture auprès d’une ex-copine, décrie nos vies de robot et appelle à la force et l’honneur en guise de final. Veence livre ainsi ses expériences de la vie, son ressenti des choses et vise souvent juste. Je vous invite à le découvrir un peu plus dans l’interview qu’il nous a accordée.

Passage en revue rapide du reste de la programmation à laquelle je n’ai pu que jeter un coup d’oreille discret pour cause d’entrevue :

Suicide of Demons s’est présenté sur la scène de l’Orangerie avec l’intention de nous faire exploser les tympans. Un son métal rageur mais pour le moins classique et une attitude « headbanging » quasi caricaturale. Devant un public disséminé peu enclin à ce style de musique, la mission était difficile.

Le groupe d’electro rock Thot a pris ensuite la main pour livrer un set plus que correct, encore un peu brouillon mais assez efficace pour voir bouger les têtes dans le public. Animations en fond, jeu de scène convaincant et un son puissant. Seul le chant laisse un peu à désirer, Grégoire étant souvent divisé entre ses claviers et son micro.

Encore une fois, à 00h30, il se fait tard et l’allée du Botanique se vide peu à peu. Seuls quelques résistants ont pu découvrir les Invaderz sur scène. Mélangeant rap et des beats électro, ils ont su garder la pêche pour développer leur musique. Pour décor, quelques vidéos projetées du groupe et les platines au centre autour desquelles gravitent les membres de la formation qui s’échangent, se renvoient mutuellement les rimes des morceaux. A noter la présence de Scylla, venu également soutenir le groupe.

Arnault pour le bourlingueur du net