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Théâtre Songe d’une nuit d’été

Publié par Loïc Smars, le 15 janvier 2012


Mise en scène : Isabelle Pousseur

Interprétation : Aminata Abdoulaye, Vincent Bazie, Edoxie Gnoula, Serge Henry, Hypolite Kanga, Safoura Kabore, Hyacinthe Kabre, Anatole Koama, Mahmadi Nana, Gérard Ouedraogo, Justin Ouindiga, Charles Wattara, Sidiki Yougbare et les enfants.

Plusieurs histoires d’amour compliquées s’entrecroisent lors d’une ensorcelante nuit d’été dans une forêt magique.

Nous avons assisté vendredi soir à la première représentation d’un « Songe d’une nuit d’été », par une troupe de comédiens amateurs au Théâtre National. Le résultat nous a laissé perplexe. Un peu comme si on mélangeait plein de bonnes idées et qu’on les mettait dans un mixeur, juste pour voir ce que cela peut faire.

La recette, composée d’une pièce classique, d’une troupe de comédiens africains, et d’un théâtre moderne, aurait pu nous faire voyager. Au lieu de cela, on s’accroche à notre siège, pour ne pas perdre le fil. La mise en scène est tirée par les cheveux et bascule souvent dans un registre sexuel, qui peut être drôle mais à la fois déplacé. Les comédiens l’assument parfaitement mais on est loin d’éviter les clichés. La sauce ne prend pas toujours. Le décor, toutefois, est appréciable et permet de nous donner des repères quant au déroulement de l’histoire.

En effet, l’histoire ainsi que le texte a été retravaillé, « contemporainisé ». Le résultat fonctionne mais pas toujours. En voyant le texte ainsi reformulé, nous avons fait un lien avec l’architecture belge. Un mélange entre le classique et le moderne. Pas forcément au goût de tous. Un terrain un peu glissant. Ici, ce mélange a plus d’impact dans sa version contemporaine, peut être parce que l’oralité africaine ainsi que les danses, sont plus surprenantes et plus dépaysantes. Cependant, le texte de Shakespeare est quelque fois inaudible et on a du mal à se laisser porter et à comprendre tous les enjeux qui se déroulent sous nos yeux.

« Songe d’une nuit d’été » joué par une troupe de comédiens africains en Europe, au 21ème siècle, était un très gros pari et une combinaison ambitieuse. Ce projet, riche en découverte pour chacun, autant pour les comédiens que pour les spectateurs, a un vrai potentiel. Pourtant, on a l’impression d’être passé à côté de quelque chose. Il manque un ingrédient dans cette recette.

Toutefois, on ne peut que saluer le travail, la prise de danger et l’investissement de ces comédiens. « Songe d’une nuit d’été » au clair de lune du Burkina est à voir, juste pour essayer de nouvelles choses et pour déplacer les frontières de l’Afrique à l’Europe, du classique au moderne, de l’écrit à l’oral.