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Musique C’est la 3ème guerre mondiale au Magasin 4 avec Parabellum.

Publié par Rédacteur, le 3 mai 2012

Retour au Magasin 4 en cette soirée du 15 avril, alors que la sueur dépensée lors du concert de  Tagada Jones 3 jours auparavant commence à peine à s’évaporer, nous retournons au combat. Mais cette fois-ci ce sont des véritables légendes qui se produisent, des généraux du punk ! En effet, ce dimanche c’était le groupe Parabellum qui venait nous rendre visite le temps d’une bataille qui s’annonçait déjà mémorable !

Parabellum c’est presque 30 ans de carrière, de guerre, 20 albums, des titres cultes inscrits au patrimoine du punk français, des milliers de concert et pourtant une énergie encore débordante quand il s’agit d’aller au front et de hisser le drapeau écorné mais toujours flottant du punk français ! Après leur date commune de la veille avec Tagada Jone, les parisiens nous réservaient un assaut final sur notre plat pays.

On ouvrait le bal avec la première partie, René Binamé, qui était mis en première ligne avec ses morceaux engagés et teintés d’idéologie des années 70/80. René Binamé c’est un auteur/compositeur qui n’hésite pas à se livrer corps et âme avec ses idées ! De derrière sa batterie il tire à boulets rouge sur le capitalisme dans une déclaration de guerre forte mais sans que l’écriture atteigne un degré supérieur à une dénonciation somme toute assez basique et ne transcende les témoins de son discours martial! On prend du bon temps et on ne peut qu’admirer cet idéaliste qui, ayant une foi inébranlable en ses idées, nous fait bouger ; mais la variété dans la musique n’est peut être pas assez présente, son fusil est chargé, il tire mais manque parfois sa cible. Mais il fait réagir et interpelle avec des titres comme « La vie s’écoule », Le courage des oiseaux avions » ou « juillet 1936 » et même en néerlandais avec « Het verkeer is zo druk » ! A revoir donc peut être dans une autre arène mais certainement pas à ranger aux oubliettes !

Ensuite la tension monte avant la bataille finale, celle que tout le monde attend. Et c’est sur le coup de 20h45 que Parabellum envahit la scène afin de nous mitrailler de leurs titres ! Notre nouveau Président d’un soir, Schultz (chant et guitare), le Maître de guerre du groupe convainc tout le monde de par sa voix rocailleuse et son énergie encore intacte ! Si il est clair que le poids des années pèse un peu sur les épaules de Sven (guitare) et de Schultz, contrairement à Xa (batterie) et Steph (basse), leur tactique de combat est bien rodée et diablement efficace ! L’assaut frappe le public de plein fouet et s’ensuit alors un combat sans merci, de « Rien à foutre » à leur version de « Amsterdam » de Brel en passant par les classiques « Saturnin » et « Le dernier trocson » ou les « nouveaux » morceaux comme « Tant qu’il y aura des watts » et « Bang Bang » (Tarantino appréciera), la rafale touche sa cible en plein cœur et nous laisse suffoquant, à la limite de l’agonie lorsque le groupe quitte la scène

Mais ce n’était que pour mieux nous achever par un rappel, le groupe sonnant à nouveau la charge en enchainant « Osmose 99 », « Cayenne », « Anarchie en Chiraquie » pour terminer cette guerre sur une reprise jouissive de « What a wonderful world ». Le champ de bataille est jonché de corps, abandonnés là après ce combat de longue haleine ! On ne recense aucuns survivants mais cela en valait la peine. Certains peuvent se targuer d’avoir vu les Sex Pistols, les Ramones. Mais moi je m’en fous, j’ai été voir Parabellum !

Olivier Eggermont