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Musique Caroline Jokris : Entretien exclusif

Publié par Marc Bailly, le 14 avril 2012

Caroline Jokris sort son 1er album à 15 ans. Son titre « Mon ange » sera classé numéro 2 au Canada. À 20 ans, elle enregistre son deuxième album. En 2006, son titre « Nicola » lui vaudra d’être nominée en 2007 en tant que « révélation de l’année » aux Femmes de Cristal. Auteur-compositeur-interprête, son 3e album « Etrange liaison » voit actuellement le jour. De la chanson française et un duo remarqué avec Michael Jones font de ce 3e opus un cd à déguster attentivement tant les textes ressemblent à leur auteur, pleins de tendresse et de sensibilité. De la bel ouvrage soulignée par une voix forte et douce à la fois.

Rencontre avec une personne à la recherche de l’amour de ses fans et du monde qui l’entoure.

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Dis-nous quelque chose à ton propos ? Qui es-tu ?

Je suis une auteur-compositeur-interprète. J’ai sorti fin de l’année dernière mon 3e album.
J’ai une formation musicale classique, commencé à écrire mes premières chansons à l’âge de 11 ans, fait mes premières scènes avec mes propres compositions vers 14 ans et depuis 1992 j’ai donné environ 700 spectacles.
Mon univers musical est assez varié et évolue forcément avec le temps.
Cela dit, mes premières influences sont la chanson française, Goldman, Gainsbourg, Cabrel… J’ai été bercée par tous ces auteurs-compositeurs et cela se ressent pas mal dans mes compositions.
Je me suis orientée vers la musique anglophone plus tard à l’adolescence, j’ai découvert tous les grands groupes qui ont marqué les années 60-70-80.
Le thème récurrent de mes chansons est souvent l’amour sous toutes ses formes ; cela dit je me rends compte que je parle souvent d’amours déçus, déchus, d’attente, de la recherche d’un idéal…

Tu as l’air d’être tombée dans le monde spectacle dès ta prime jeunesse…

Je voulais être actrice. J’ai fait du théâtre, de la danse… J’ai tout de suite été attirée par le milieu artistique.
Et à 11 ans, j’ai assisté à un concert de Goldman et ça a été la révélation. J’ai tout de suite trouvé que la musique était bien moins figée que le monde du théâtre dans lequel j’évoluais à ce moment là… L’émotion que j’ai ressentie peut s’apparenter à celle d’un coup de foudre ! Et c’est à ce moment là je me suis dit que je voulais écrire des chansons. C’était un exutoire pour moi de pourvoir exprimer ce que je ressentais car j’étais une enfant très renfermée. Et depuis lors, je n’ai jamais voulu faire autre chose.

Pourquoi avoir choisi la chanson pour t’exprimer ?

C’est elle qui s’est imposée à moi. La scène m’a aussi beaucoup aidée à m’affirmer. Au départ, je voulais juste écrire des chansons pour les autres. J’étais très timide. La première fois que j’ai chanté sur scène, c’était une soirée country, j’avais 14 ans. C’était en fin de soirée. Tout le monde était déjà bien « entamé », et quand je suis montée sur la scène un type a crié « à poil ! »… J’étais terrorisée, mais j’ai, tant bien que mal, terminé ma prestation. J’ai fini mon tour de chant en me jurant de ne plus jamais remonter sur une scène. (Rires)
Et puis voila…je suis quand même remontée sur scène, c’est un peu comme de tomber de cheval, il faut se « remettre en selle » au plus vite sinon c’est foutu ! Parfois on chante dans des conditions magnifiques, des premières parties avec 10.000 personnes, et le lendemain on peut chanter dans un café pourri devant 20 personnes qui ne sont pas venues pour vous, il faut arriver à capter leur attention, c’est finalement la meilleure façon d’apprendre son métier.
Car au fur et à mesure, cela nous permet de « composer » de pouvoir retomber sur nos pattes. Pour moi, ça a été une thérapie. Ca coûte moins cher que d’aller chez le psy… (Rires)

Quel est ton meilleur souvenir de spectacle ?

Le premier, c’était un 21 juillet pour la Fête Nationale, au Parc de Bruxelles, il y avait énormément de monde, plus de 15.000 personnes.
Vu que je suis née le 22 juillet, le présentateur à demander à la foule un peu avant minuit de chanter « Joyeux anniversaire », ce qu’ils ont fait et a suivi le feux d’artifice, pour une « gamine » de 17 ans, j’ai vécu cela comme un moment magique !
Et le deuxième, c’est le fait de chanter avec Michael Jones sur scène.

Penser que quand j’avais 11 ans, je le voyais aux côtés de Jean-Jacques Goldman sur la scène de Forest National à l’époque de Frédéricks-Goldman-Jones et vingt ans plus tard, je me retrouve à chanter avec lui et une de mes compositions en plus !

Et ton pire souvenir ?

Mon premier spectacle devant les cow-boys (rires)…

Ton premier album sort quand tu as 15 ans, comment as-tu fait pour le sortir si jeune ?

J’ai commencé à chanter à Bruxelles dans un « pub » et j’ai rencontré quelqu’un qui aimait ce que je faisais et qui m’a proposé d’enregistrer un album.
Le premier extrait s’appelait « Mon Ange » et j’ai été numéro 2 au Canada alors que je n’y ai jamais mis les pieds. C’était en 1995, il y avait encore le Top 50.

Te souviens-tu encore de tes premières chansons ? Que sont-elles devenues ?

Elles sont pour la plupart restées dans un tiroir. J’en ai ressorti quelques-unes sur le premier album, mais les autres sont classées. On n’écrit pas à 11 ans de la même manière qu’à 35.

Tu écris toi-même tes textes, comment as-tu appris à écrire des chansons ?

Je dirais que ça ne s’apprend pas. On peut apprendre son métier, à se tenir devant un public, mais on ne peut pas apprendre à écrire. Ca m’est venu instinctivement.

Tu écris d’abord les paroles ou la musique ?

En général, les deux viennent ensemble. Je me mets au piano, une phrase me vient et je compose autour de ça. Je peux écrire une chanson en deux heures, mais aussi en deux ans. La chanson « Nicola » par exemple, qui a bien tourné en France il y a quelques temps, j’ai mis plus d’un an à l’écrire. J’avais le couplet, mais je ne parvenais pas à trouver le refrain.

Tes chansons sont variées et de styles différents, comment définirais-tu ton style ?

Ce que je fais se rapproche musicalement d’Axelle Red, de la variété pop rock, et ma voix est proche d’Axelle Red et de Patricia Kaas.

Pourquoi la reprise de Etienne Daho « Week-end à Rome » ?

J’ai toujours fait des reprises. Et j’adore cette chanson depuis des années, elle me touchait. Et j’avais envie d’en proposer une version tout à fait différente.
Et Etienne Daho l’a écoutée, via l’aide de Françoise Hardy, et il l’a aimée.

Pas banal de chanter avec Michael Jones, c’est plutôt un homme discret, non ?

Bizarrement, c’est lui qui est venu vers moi. C’était à l’Olympia en 2007. J’avais gagné le concours de la Rose d’Or et je représentais la Belgique. Me voila donc à l’Olympia… Je chantais avant Michael Jones, mais étant une grande timide, je n’ai pas osé l’aborder. Et finalement, en toute fin de soirée, mon attachée de presse m’a « traînée » jusqu’à lui, et je n’ai pu lui dire qu’un timide « Bonjour » avant de tourner les talons et de m’enfuir.
On lui a remis mes maquettes et deux jours plus tard il m’a contactée.
On s’est vus une demi-heure à Paris, on a discuté, il est venu à Bruxelles pour enregistrer le duo.
C’est vraiment quelqu’un d’extraordinaire, de très simple, d’extrêmement gentil.

Tes chansons parlent d’amour, de deuil, de séparation, Caroline Jokris est-elle très émotive ?

Oui, comme la plupart des artistes.


Quelle a été ton approche avec AkaMusic ?

J’en ai entendu parler via un ami. J’ai envoyé le clip que j’avais « autoproduit » du duo « Etrange liaison »  elle a été immédiatement placée sur la page de AkaMusic et on a récolté les fonds en onze jours.

Que penses-tu des téléréalités pour lancer une carrière ?

Je n’en pense vraiment rien de bien… Les gens qui sont présentés là ne sont pas préparés. Ils n’ont pas d’expérience. Ils n’ont fait aucun spectacle, ni sorti d’album… On leur promet monts et merveilles, ils s’imaginent que tout est arrivé et finalement ils déchantent très vite. C’est très dangereux.

Penses-tu qu’en tant que chanteuse, tu as des messages à délivrer et si oui, lesquels ?

Je ne sais pas si je veux faire passer un message. Ce qui me plait, c’est quand les gens me disent qu’une de mes chansons leur a fait du bien, les a aidés dans une période de leur vie. C’est moi qui suis plutôt en attente des messages du public. Quand on me dit que ma chanson est super, quand on me dit qu’on se réveille avec mes chansons. Je compte un peu dans la vie des gens, je leur apporte un peu de bonheur. C’est en quelque sorte une thérapie pour moi.

As-tu d’autres passions?

J’adore les animaux, la lecture, le ping-pong, les voyages… J’aurais adoré être une grande dessinatrice. J’ai fait quelques portraits, mais j’ai toujours eu le regret de ne pas savoir peindre. J’ai pris des cours, mais je ne suis pas douée.

Utilises-tu Facebook pour te faire connaître ?

Oui, il me permet d’être en contact avec les gens qui me  suivent.

Quel est ton chanteur préféré ?

Elvis Presley. Je suis fasciné par sa vie autant que par sa voix, par le personnage. Il avait tout, la voix, le charisme, un talent extraordinaire.
J’adore aussi Jean-Jacques Goldman, Serge Gainsbourg, Christophe.

Quelle est ta chanson préférée ?

« Hotel California ». Je peux l’écouter 100 fois de suite, je ne m’en lasserai jamais. Tout est magnifique dans cette chanson, le couplet, le refrain, le solo de guitare à la fin.
Il y a aussi « With or without you » de U2 et « Every Breath you take » de Police.
Plus toutes les chansons d’Elvis, de Gainsbourg, de Goldman, de Cabrel.
Je n’ai pas une chanson préférée, j’en ai une centaine…

Quelle chanson aurais-tu voulu écrire ?

« Comme d’habitude » (rires), c’est la chanson la plus reprise au monde.

Quel est l’élément déclencheur qui fait naître telle ou telle chanson ?

Ce sont souvent des rencontres, ou une autre chanson. Une chanson que j’entends à la radio, qui me bouleverse tellement que j’ai envie d’en écrire une autre. Ou d’une émotion aussi.

Si tu devais faire un duo avec quelqu’un ?

Nilda Fernandez…

Quel est ton principal trait de caractère ?

La mélancolie, je suis très mélancolique. J’ai toujours eu la nostalgie des années 70. J’imagine souvent que j’ai vécu ces années-là. J’aime tout de ces années-là, les voitures, la décoration.
Je ne peux pas vraiment dire que je suis bien dans mon époque.

Qu’est-ce qui t’énerve ?

La mauvaise foi.

La méchanceté gratuite.

Quel est le don que tu regrettes de ne pas avoir ?

J’aurais aimé être écrivain. Je rêve d’écrire un livre.
J’aimerais aussi pouvoir parler cinq ou six langues, mais je ne suis pas très douée. Je me remets à l’espagnol et à l’anglais.

Tu disais que tu lisais beaucoup. Que lis-tu ?

Je lis beaucoup de biographies de chanteurs, de réalisateurs. Je lis aussi pas mal de poésie. J’ai presque tout Paul Eluard. J’aime aussi Gilbert Cesbron, Marguerite Duras.

Quel est ton rêve de bonheur ?

Etre en paix avec moi-même.

Si tu avais une machine à voyager dans le temps, où irais-tu ?

Dans les années ’50-’60-‘70-’80.

Par quoi es-tu  fascinée ?

Je suis fascinée par les gens qui sont très cultivés. Michael Jones par exemple est une encyclopédie ouverte. Je peux lui poser n’importe quelle question sur n’importe quel sujet, il a toujours réponse à tout.
Je suis fascinée par les gens cultivés mais qui ne sont pas prétentieux.

Tes héros dans la vie réelle ?

La perfection n’étant pas de ce monde, les gens soi-disant « parfaits » ne m’intéressent pas.
Mes modèles sont toujours des personnes qui ont des failles.

Si tu rencontrais le génie de la lampe, quels vœux formulerais-tu ?

– Manger tout ce que je veux sans prendre un gramme (rires). Je suis malheureusement au régime 365 jours par an, et je ne suis pas gourmande, mais « goulafre »…
– J’aimerais savoir très bien monter à cheval.
– J’aimerais être une très bonne cuisinière.
– J’aimerais avoir confiance en moi à 100%.

Cites-nous 5 choses qui te plaisent.

–         J’aime manger la cuisine italienne.

–         J’adore les animaux, surtout les chiens.

–         J’adore les enfants.

–         J’adore Venise.

–         J’adore rire…

Cinq choses qui te déplaisent.

–         J’ai la phobie des microbes !

–         Je déteste tout ce qui a trait à la mer. J’ai la phobie des poissons.

–         Je déteste la pluie, mais je déteste aussi la chaleur. J’aime le printemps.

–         Je déteste la couleur jaune.

1re fois

Que tu as donné un autographe…

Je ne m’en souviens pas du tout.

Que tu as demandé un autographe…

Je serais incapable de demander un autographe. Je préfère demander une photo avec l’artiste…

Que tu es allée voir un concert…

Un « vrai » concert : Jean-Jacques Goldman.

Que tu as entendu ton disque à la radio…

Je me souviens de « Nicolas ». Je l’entendais chaque fois que je montais dans ma voiture…

Que tu as vu ton clip terminé…

C’était un clip qu’on a tourné à la Mer du Nord, il faisait très mauvais.

Que tu t’es indignée…

Quand on m’a arraché à ma mère pour me placer en orphelinat.

Ton premier souvenir musical…

Hervé Villard avec « Le Goéland ».

Le premier album que tu as écouté…

« Entre gris clair et gris foncé » de Goldman.

Le premier artiste dont tu as été fan…

Jean Ferrat.

Si tu devais te réincarner dans un chanteur, ce serait qui ?

Dalida.

Tes projets ?

Donner un maximum de concerts en 2012-2013.

Voir le clip de Caroline Jokris – Week-end à Rome

Voir le clip de Caroline Jokris et Michael Jones – Etrange Liaison