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Musique Choeurs et danses de l’armée russe au cirque royal

Publié par Matthieu Matthys, le 23 mars 2012

Cela faisait quelques années qu’on n’avait plus vu les chœurs et les danses de l’armée russe envahir les salles de spectacles occidentales. De fait, le seul nom qui nous était resté en tête était les chœurs de l’armée rouge, l’ancienne force armée de l’URSS. Cet ensemble spectaculaire fût créé en 1928 afin de donner un côté artistique et ludique aux chants révolutionnaires et à la fierté historique d’un peuple.

La trame du spectacle est restée intacte depuis sa création. Le chœur des hommes, les danses folkloriques et acrobatiques mais aussi un petit orchestre ont traversé les âges pour nous divertir encore aujourd’hui. Cependant, la rigueur militaire a laissé la place à une ambiance plus chaleureuse et festive, plus en phase avec la réalité politique actuelle de la Russie. En effet, on remarque dans la chorale une bonne entente et une posture relaxée des membres de celle-ci. Ceux-ci n’hésitant pas à se taquiner et à s’entrainer dans les refrains de leurs morceaux les plus populaires.

Cependant, ne vous attendez pas à une révolution et à un remaniement des chants entonnés. Les chants sont certes maitrisés mais sont tous connus. Le choix des metteurs en scènes est clair : nous proposer un patchwork des plus belles chansons et des plus belles danses de la plus grande fédération du monde. Tel un train traversant les contrées reculées du pays, on est invité à se laisser voyager aux rythmes de la balalaïka et du bayan. Le show alterne les chants et les danses afin de donner un aspect biphasique intéressant, permettant au public de ne pas se lasser d’un fil rouge trop linéaire. Pour tout vous avouer, les danses sont bien plus enjouées que les chants. Par ces envolées acrobatiques, on apprécie la qualité de synchronisation mais surtout la souplesse de ces jeunes hommes et femmes défiant les lois de la gravité. Les costumes ne sont pas en reste. Bien évidemment, ceux des militaires sont d’une sobriété austère mais le contraste avec les habits colorés et originaux des danseurs est frappant.

En outre, quelques solistes viennent aux devants de la scène chacun à leur tour afin de faire partager leurs vocalises. Si chacun apporte sa pierre à la performance collective, une seule se démarque réellement de ses camarades par l’émotion qu’elle dégage, notamment sur le très connu Ave Maria de Schubert.

Bref, ce spectacle est très bon mais certains défauts sont néanmoins à souligner. Premièrement, les deux parties sont inégales en tonalité et en intensité. La première partie est sobre et assez monotone tandis que la seconde est plus rythmée et plus détendue. Deuxièmement, notre grande déception fût sans conteste le décor. Celui-ci était quasiment absent. Seule une image au centre d’un rideau lumineux constituait le fond de la pièce. Ce manque de perspective et de profondeur dans l’architecture de l’arrière-scène donne une image froide et morne à la toile générale. Un décor plus complet et plus travaillé aurait certainement servi aux artistes en donnant plus de relief à leurs performances.

En résumé, ce spectacle est beau à voir, les artistes sont époustouflants de justesse et de précision. On regrettera peut-être un manque d’évolution et de modernité scénique indispensable à satisfaire pleinement le public contemporain.

Ils seront ce 23 mars au Forum de Liège

Matthieu Matthys