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Théâtre L’Eveil du Printemps.

Publié par Simon, le 10 mars 2013

Avec Janie FolletSimon GautiezJulie LeyderAntoine PlaisantPhilippe RasseQuentin SimonPierre VerplanckenLucie Zelger.

 POURQUOI M’AS-TU FAIT LA ROBE SI LONGUE MÈRE ?

Par l’audace de ses thèmes (la censure ne l’épargnera pas) et sa force visionnaire, l’œuvre de Wedekind marque durablement le théâtre moderne. L’éveil du printemps suit le parcours d’un groupe d’adolescents confrontés aux métamorphoses de leur corps et traversés par des désirs contradictoires qu’ils ne parviennent pas à nommer. Se frayant un chemin vers le monde des adultes, ils se heurtent aux conventions et aux tabous d’une société incapable d’apaiser les angoisses de la jeunesse.

Prix de la Critique 2008 (Meilleure découverte), Prix Jacques Huisman 2010, Peggy Thomas a été assistante de Joël Pommerat. Avec son collectif de jeunes acteurs, elle poursuit une réflexion personnelle et ludique sur les rapports de l’individu au groupe et sur la transmission des valeurs.


Texte français François Regnault. Éditions Gallimard 1974
éditions THÉÂTRALES Maison Antoine Vitez 1995.

Mise en scène Peggy Thomas / Assistant à la mise en scène Jean-Marc Amé / Scénographie Emmanuelle Bischoff, assistée par Lydwine Thibaut / Création et régie lumières Guillaume Fromentin / Création son Grégoire Leymarie, assisté par Jean-Marc Amé / Création costume Elsa Poulie, assistée par Henriette Reusser / Régie Stanislas Drouart / HabilleuseCarine Duarte / Construction du décor Vincent Rutten

Coproduction Cie Les Orgues / Rideau de Bruxelles.
En partenariat avec le Théâtre Royal de Namur et l’XL-Théâtre du Grand Midi. Avec le soutien du Conseil de l’Aide aux Projets Théâtraux de la Fédération Wallonie-Bruxelles (C.A.P.T.).

Critique :

L’éveil du printemps est une pièce originale, dense, étrange même. Elle décrit l’histoire d’une bande d’adolescents, au temps d’une certaine Allemagne puritaine, qui doivent faire face à l’éclosion de leurs pulsions charnelles. Celles-ci marquent leur passage vers l’âge adulte, mais ce passage ne se fait jamais pour eux sans heurs ni malheurs (l’un se suicide, l’autre avorte, un autre encore se retrouve en prison…) . Durant plus de 2h30 (pièce en deux parties), le spectateur suit les angoisses et les peurs de ce groupe de jeunes adultes.
Ce qui fait l’originalité véritable de la pièce c’est sa mise en scène époustouflante, voir euphorisante. Le décor est sans cesse mouvant et l’on est étonné de voir ce qu’il est possible de faire en déplaçant  simplement des bancs (en les empilant les uns sur les autres ou en les positionnant les uns à côté des autres). La plupart du temps, la pièce se joue en deux plans avec les acteurs principaux sur le devant de la scène et derrière eux les autres protagonistes qui vaquent à leurs occupations. A cela s’ajoute une manière de jouer très lyrique, poétique, ce qui crée une ambiance lourde, quelque peu angoissante mais qui captive néanmoins le spectateur. Malgré l’ensemble très noir, quelques touches d’humour viennent ici et là ajouter une certaine légèreté à la représentation.
Les acteurs sont excellents tout du long mais le côté ‘chaotique’ de la pièce peut lasser quelque peu à la longue, tellement le spectateur est assaillit de flots de mots, de mouvements des personnages et de décors.
Il s’agit ici d’une pièce véritablement spéciale, pas facilement abordable si le spectateur n’est pas un tant soit peu averti à l’avance qu’il va être ‘bombardé’ d’autant de choses à voir et à entendre.

Une pièce qui bouscule, qui réveille. Un bon moment de théâtre.