« Mon Roi » – Maïwenn (2015) – film sur les pervers narcissiques

Publié par , le 19 mai 2016

Mon Roi

Critique :

On se doutait bien qu’avec une réalisatrice comme Maïwenn au gouvernail, le film Mon Roi allait avoir des choses à dire. Un film plutôt simple, subtil, qui touche là où il faut et qui nous embarque progressivement.

La réalisatrice l’avait annoncé : il n’y aurait pas vraiment de bourreau et de victime clairement définis. Certes, nous avons mal au cœur pour Emmanuelle Bercot et plusieurs fois, Vincent Cassel est à baffer. Mais jusqu’à quel point la jeune femme est-elle complice ? Pourquoi ses signaux d’alerte s’allument pour ensuite retourner dans les bras de « son roi » ? La vérité est que le pervers narcissique est comme un virus qui intoxique le cerveau. En rencontrer un qui n’est capable que de parler de lui et qui n’est jamais empathique, c’est ouvrir la boîte de Pandore. En étant à la fois très drôle et original, Georgio bouscule les sentiments de Tony pour mieux la manipuler. Communication floue et changements d’opinion achèvent de rendre folle la jeune femme. Etre victime crée une énorme confusion mentale. Un bouleversement émotionnel qui empêche toute pensée fluide, rationnelle. Ce que la réalisatrice met en avant avec un certain talent.

Les pervers narcissiques sont des comédiens nés et Vincent Cassel prouve à nouveau qu’il en est un aussi. Quant à Emmanuelle Bercot, en perte d’âme et d’énergie, elle laisse éclater son naturel au grand jour et est bouleversante.

 

Luigi Lattuca

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