‘Tarzan’ de David Yates: Un essai de relecture

Publié par , le 30 juin 2016

tarzan

Critique :

N’étant pas vraiment favorable à une énième adaptation du roman d’Edgar Rice Burroughs, c’est avec une certaine réticence que je suis partie voir le nouveau Tarzan. Je pensais que le film allait de nouveau nous raconter la même histoire sans vraiment prendre de risques. N’ayant pas vraiment eu écho du film, je n’ai vu ni la bande annonce, ni quels seront les acteurs. Malgré tout, en sortant de la séance, mon avis n’est pas impartial.

D’un côté, Tarzan a réussi son pari, se détourner de l’œuvre original tout en restant fidèle. La présence de nouveaux personnages, d’événements historiques donnent une nouvelle vision à l’histoire d’habitude redondante. Mais d’un autre côté, le film enchaîne des clichés si exagérés qu’ils en deviennent ridicules.

Le film était pourtant prometteur. On retrouve Tarzan… ou plutôt John Clayton qui a préféré renouer avec ses origines aristocratiques en renonçant presque à son nom célèbre. Alors qu’il vit une vie luxueuse avec Jane, il se voit confier une mission par le parlement britannique en tant qu’émissaire du commerce au Congo Belge… L’histoire prend alors une dimension plus réaliste, presque humaine. On en oublierait presque le côté grotesque de Tarzan et son histoire surréaliste.

Alors que l’histoire avance d’une manière bien plus satisfaisante, la fiction s’entremêle entre cohérence et incohérence provocant une rupture net qui nous laisse un peu perdu. Le changement est trop brusque, la CGI est plus imposante, la musique devient plus épique, les ralentis sont surexploités lors des combats et les personnages sombrent dans des rôles stéréotypés. Ce changement brusque nous prouve que le film veut dorénavant jouer la carte du sensationnel.

Ce côté ‘épique’ devait être mis en valeur avec la 3D. Même si la phrase «la 3D ne sert à rien ici» est fort exploitée de nos jours, elle n’a jamais été aussi vrai pour ce film. Malgré tout, certaines scènes, trop courtes pour apprécier, exploitent la 3D proprement mettant en valeur le degré de profondeur. Une scène en particulier a retenu mon attention: Tarzan/John (Alexander Skarsgård ) saute de branche en branche avec des autochtones et son ami George Washington Williams (Samuel L.Jackson), pas vraiment à l’aise dans ce genre de situation. Mais cette exaltation n’a duré que 3 min … sur une 1h50 de film. Il y avait du potentiel, c’est dommage.

A propos des acteurs, je n’ai pas vraiment été surprise par l’interprétation d’Alexander Skarsgard. L’ayant connu que dans True Blood, je m’étais déjà habituée à son visage inexpressif et son air platonique qui colle vraiment avec son rôle de Tarzan. Le jeu de Margot Robbie en Jane Porter m’a vraiment perturbé. Surfant sur une progression des personnages féminins dans l’industrie cinématographique, son rôle reflète cet aspect de femme forte et indépendante … mais récupère son rôle de damoiselle en détresse plus tard dans le film. Concernant George Washington Williams interprété par Samuel L.Jackson, il s’agit d’un personnage historique qui a réellement dénoncé la politique colonialiste de Léopold II de Belgique. Le choix de l’inclure dans l’histoire est vraiment intéressant. Il est hilarant dans ses propos et ses actions ce qui donne une touche de légèreté dans des situations complexes. Enfin, le rôle du méchant va toujours aussi bien à Christoph Waltz … un peu trop même. Ça devient lassant.

Malheureusement, je ne vous conseille pas ce film. Même si les nouveautés scénaristiques étaient plaisantes, elles restent mal exploitées et m’ont laissé sur ma faim.

Ben Cheikh Mona

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