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Cinéma Un Rodin 2017 sans passion, ni souffle

Publié par Luigi, le 4 juin 2017

Rodin

Un film de Jacques Doillon avec Vincent Lindon, Edward Akrout, Izïa Higelin, Olivia Baes, Zina Esepciuc
(France)

Titre original : Rodin

Genre : Biopic

Durée : 2h

Distributeur : Wild Bunch Distribution

Sortie en Belgique : 24 mai 2017

Sortie en France : 24 mai 2017

Synopsis :
À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l'Etat : ce sera La Porte de L'Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme Le BaiseretLe Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu'il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d'admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face au refus et à l'enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne.

Critique :

L’histoire et le bouillonnement intérieur d’Auguste Rodin méritaient mieux. A tous ceux connaissant son oeuvre (et quelques éléments de sa personnalité), ainsi qu’à tous ceux souhaitant le découvrir en 2017 grâce à ce film, un conseil : (re)visionnez plutôt le Camille Claudel de 1989 avec Depardieu dans le rôle-titre.

Sa sculpture était plus émouvante

On est donc ici dans le point de vue du sculpteur plutôt que dans celui de son élève. Vincent Lindon était un très bon choix… mais il peine à totalement convaincre. Que lui manque-t-il au juste ? Le petit grain de folie dans le scénario ? Sans doute ? Plus de passion ? C’est certain. On sent les deux artistes habités par leur art mais sans désir de susciter chez nous l’empathie. Pas du tout à la hauteur de leurs émouvantes sculptures.

Une démarche « film-musée »

L’histoire de Rodin et de Claudel serait-elle finalement celle de deux artistes se regardant le nombril ? Si c’est ce que Jacques Doillon n’a pas voulu dire, et bien c’est dommage car c’est comme ça qu’il dépeint les deux sculpteurs. Sans réel point de vue, il passe à côté de quelque chose… d’autant qu’Auguste Rodin avait sentimentalement manipulé la complexe et fragile Camille. En choisissant de nous le servir et le restituer un peu en neutralité, il ne fait que nous ennuyer et nous donner envie de plutôt redécouvrir son oeuvre dans l’exposition-anniversaire (centenaire de sa mort) au Grand Palais de Paris jusqu’au 31 juillet prochain.

Luigi Lattuca