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Musique Claude Semal aux Riches Claires

Publié par Matthieu Matthys, le 30 janvier 2012

Dans le paysage bruxellois, Claude Semal est un incontournable. Comme beaucoup d’artistes belges, il
possède la particularité d’être un ovni de la scène. En effet, certains voient en lui un joyeux luron et
d’autres le voient en escroc parasite de l’évolution de la scène belge. Cette belgitude, l’homme la
revendique et l’utilise à des fins humoristiques. De part le monde, le plat pays est connu pour son chocolat,
ses bières et surtout son surréalisme. C’est justement ce dernier point autour duquel Claude Semal a
construit son spectacle et sa carrière. Pour ce spectacle, Ceci n’est pas un chanteur belge, l’auteur-
interprète nous renvoie dans la capitale bruxelloise pour une soirée remplie de nostalgie et de bonne
humeur. Accompagné de ses guitares, il nous livre en chanson sa vision de la Belgique qui n’a rien de
morose mais suscite plutôt le rire.

Dès l’entrée en scène, le décor est planté. Claude Semal nous interprète un titre pour le moins introductif
qui allait directement nous plonger dans le surréalisme. Un décor rappelant Magritte nous renvoie aux
fondamentaux qui ont fait de cette petite Belgique un exemple d’autodérision. Mais comme cet artiste est à
l’image du pays dont il provient, il est également noué de contrastes. Tout d’abord, ses chansons restent
humoristiques et satyriques, mais certaines d’entre elles situent le comique troupier sur l’échiquier
politique. Et pour cause, certaines allusions rougissent le tableau lyrique du spectacle, nous remémorant
irrémédiablement les combats qu’il mena naguère. Aux dernières élections par exemple, il soutenait
ouvertement l’alternative unitaire de la gauche. Cette amour de la gauche suscite un refoulement de la
droite largement palpable à l’écoute des différents morceaux qui se succèdent.
Mais un second point nous dérangeait un petit peu plus. De fait, les chansons ne nous paraissaient pas
aussi comiques qu’elles auraient peut-être du l’être. Même si on en calculait toute la dérision, ce sont plutôt
les instants dramaturgiques, tels des interstices musicaux, qui nous donnaient l’envie de prolonger le
spectacle. Claude Semal a installé un univers fictif qu’il gère de bien belle manière. Cette mise en scène
intelligente est drôle et digne d’intérêt ce qui nous donne la conviction que l’homme que l’on voit évoluer
devant nous est avant tout un acteur avant d’être un chanteur.

Au bilan, on ressort de la salle avec une fierté, celle d’avoir eu affaire à un artiste belge qui, si on le prend
avec légèreté, vous dépeint une société en détresse identitaire qui ne sera sauvée que par le chauvinisme
utile de quelques-uns.