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Théâtre Cyrano de Bergerac au Théatre des Martyrs

Publié par Elodie Kempenaer, le 8 janvier 2012

Interprétation

Laure Bardet, Denis Carpentier, Toni D’Antonio, Gauthier de Fauconval, Jaoued Deggouj,

Dolorès Delahaut, Laurent Denayer, Christophe Destexhe (Cyrano), Jean-Michel Distexhe,

Margaret Hermant, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Bernard Marbaix, Sylvie Perederejew,

Céline Schmitz, Laurent Tisseyre

Metteur en scène et scénographe Daniel Scahaise   Assistanat Céline Schmitz

Maître d’armes Jacques Cappelle  Commedia Jean-Louis Danvoye Costumes Anne Compère & Costhéa

Maquillages Daphnée Durieux Coiffures Laetitia Doffagne Musique originale Jean-Michel Distexhe

Régie plateau Cristian Gutierrez Silva  Régie/Lumière Pierre Hendrickx

Un spectacle de Théâtre en Liberté en coproduction avec le Théâtre de la place des Martyrs

Critique : 

Spectacle vivant du début à la fin ! Dès l’entrée en salle, le public est déjà dans le bain grâce à l’accueil des comédiens, déjà en habits de scène jouant de la musique pour notre plus grand plaisir. La pièce est très « classique » de par les costumes d’antan, les décors et la mise en scène.

La réalisation, dynamique, est soutenue par de talentueux et charmants comédiens, en particulier Cyrano, qui ne se ménage pas dans le discours et dans les dépenses d’énergie ! Autre point interpellant est la multitude de comédiens qui entrent en scène, ne dévoilant pas toujours leur passé, ni leurs intentions, mais qui construisent la trame de l’histoire avec les principaux protagonistes. A cet égard, il est parfois difficile de suivre leurs dialogues : le débit de paroles est assez rapide, surtout si on ne connaît pas la pièce (aveu de la profane que je suis). De plus, toute cette profusion de personnages rend peu compréhensible les intérêts de chacun et ce qu’ils apportent à l’histoire. Mais bon, cela n’a pas semblé dérouter la majorité du public qui apparemment connaissait par coeur la pièce et qui n’arrêtait pas de rire me laissant ainsi dans la plus grande des solitudes. Côté interprétation, l’humour burlesque est omniprésent. Toujours le mot pour faire rire, mais aussi avec quelques pointes d’émotion lorsque Cyrano nous révèle que pour lui, il est impossible que sa dulcinée l’aime.

Même si la longueur de la pièce (2h30) favorise plutôt les « habitués » du genre, on ne peut ignorer la grande complicité de la troupe de comédiens : ils partagent l’espace et le discours avec une belle harmonie, si bien que l’on a envie de faire partie de leur « famille ». A la sortie du spectacle, on n’hésitera pas à leur apporter un petit soutien financier, dans un bel échange de générosité. 

Thao

C’est la tirade du nez, c’est Roxane, C’est Edmond Rostand, c’est un bon bout de mon enfance.

Alors quand l’occasion se présente, et à petit prix ( 10,50 pour les étudiants, je les mets sans maugréer), je ne la laisse pas passer.

Petit prix et nouvelle découverte pour moi, le Théâtre des Martyrs.

Cyrano est la seul pièce que j’ai relue encore et encore, une vingtaine, une trentaine de fois sans jamais me lasser. Alors voir ce texte prendre vie c’est un moment d’émotion pour moi.

Parlons d’abord du décor. Il ne prend pas le pas sur le jeu, il est parfaitement installé. Je l’ai trouvé très beau et très sobre.

Niveau mise en scène, tout aussi moderne, pas grand chose à redire. Je ne suis pas une habitué du théâtre et encore moins de la critique de théâtre alors bon…à part dire qu’elle ne m’a pas fait sourciller d’ennui ou d’agacement, je ne peux rien dire d’autre.

Par contre, j’ai à redire par rapport au flot de parole de Cyrano et à la manière dont le personnage de Roxane a été travaillé.

Cyrano d’abord. Ce texte de Rostand est un des plus beaux textes qui m’ait été donné de lire. C’est un texte qui se déguste, qui doit se lire et s’entendre lentement pour ne rien perdre du jeu de la langue et des idées qu’il porte. Hélas, Christophe Destexhe qui interprète Cyrano à le flow d’un chanteur de rap. Et l’acoustique n’aide pas à saisir tous les mots qui se perdent dans les hauteurs de la salle. C’est un détail qui perturbe pas mal mon oreille durant la pièce. Bien heureux que le texte m’était familier mais pour qui ne le connaît pas, une perte majeur.

Mais soyons juste et ne lynchons pas ce Cyrano qui ,bien que rapidement, déclame merveilleusement ce texte. C’est un bon Cyrano qui remplit la scène et qui ne déçoit pas la lectrice émerveillée que je suis de cette pièce.

Après Cyrano, dans les personnage principaux, n’oublions pas la belle, la douce Roxane jouée par Julie Lenain. Seigneur Marie-Joëlle. C’est une longue chute que j’effectue du haut de l’idée que je m’étais faite de cette héroïne romantique tant aimée de De Bergerac.

Mais pourquoi l’avoir fait si pimbêche, pleine de façons et de minauderie. Elle fait caprice sur caprice d’une voix fluette.

Et ce n’est pas à cause de l’image que je m’en été faite, mon amie, elle aussi fut déçue. Il faut croire que même sur un synopsis, Roxane apparaît à tous comme une grande dame, élégante, aux manières posées, délicates, forte d’une aura de sagesse et d’une beauté incroyable.

Je crois que j’ai assez fustigé Roxane. Soyons clair, je fustige ce que le metteur en scène à fait de Roxane, je ne critique pas son jeu qui dans son genre était excellent.

Et voilà, 2h30 pour voir prendre vie un texte que j’admirais et que j’admire toujours autant. Réellement émouvant, j’en ressors ravie ( de plus, j’ai contenu mon rhume carabiné qui m’a laissé apprécier la pièce sans trop me causer de soucis et sans trop ennuyer le reste de la salle).

Et j’en sors avec trois petits instants tout à fait délicieux.

De un, l’entrée en scène des acteurs qui arrivent par le haut du public. Belle ribambelle de couleurs et de masque à la Carnaval de Venise sur une musique troubadour.
De deux, les pas de danse des Cadets de Gascogne. Ça frappe la scène en rythme et ça me fait vraiment rire et frisonner.
Et de trois, une séance photo éclair sur scène qui m’a aussi bien fait rire. Un instant de modernité où les personnages prennent la pause pour une photo souvenir.

Voilà, Cyrano n’est plus à l’affiche des Martyrs mais il est toujours temps de lire ou relire cette pièce faute de la voir.

Elodie Kempenaer