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Littérature David Foenkinos : Le potentiel érotique de ma femme

Publié par Rédacteur, le 30 décembre 2011

Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritif, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d’escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les œufs d’oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux et s’est marié. Alors, il s’est mis à collectionner sa femme.

David Foenkinos commence à se faire un petit nom dans le monde de la littérature romanesque. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que son sujet de prédilection est l’analyse des comportements amoureux. Dans « Le potentiel érotique de ma femme », primé en 2004, on se retrouve en pleine problématique sentimentale.

Hector, après une tentative de suicide ratée, passe six mois à l’hôpital. Etant un bon fils, un bon employé, il préfère mentir et affirme être parti aux Etats Unis pendant sa période de convalescence. Pour pouvoir répondre aux questions de son entourage à propos de son voyage, il va à la bibliothèque se renseigner sur son sujet. C’est là qu’il rencontre Brigitte. Un parfait coup de foudre, qui lui fera oublier sa passion dévorante : la collectionite. Ou pas.

Ce roman est à la fois drôle et touchant. Le style de Foenkinos s’installe progressivement. Tout peut être matière à rire. Le sujet, les personnages, les situations sont comiques. Entre sa mère qui ne cuisine que de la soupe, et son père, fier d’être moustachu, Hector ne peut être qu’un personnage burlesque. Il se pose des questions, se bat contre ses envies, finit par y céder quelques fois, mais demeure un homme attachant. On a envie de le voir heureux.

Foenkinos sait prendre soin de ses personnages, il les bichonne, les remplit de détails et les laisse évoluer en fonction de leurs sentiments. Il les regarde faire leur propre vie pour mieux la décortiquer par la suite. Chaque détail a son importance. Ce sont les détails qui forment les gens. Ce roman emprunte la pellicule d’Amélie Poulain. Tout le monde est gentil, compréhensif et un peu perché. Les bons sentiments, ça rassure, ça donne l’impression qu’ils existent. Mais à force, les personnages en deviennent lisses, presque ternes et seul l’humour relève la barre.

Autre petit bémol qu’on pourrait rajouter : Foenkinos suit les pas de Lévy ou de Musso. « Le potentiel érotique de ma femme » est un roman rapide, presque prévu pour attendre le métro. L’analyse du comportement amoureux et du coup de foudre ont déjà été tellement abordés qu’il est délicat d’en faire une originalité. Pas étonnant que le style rappelle celui d’autres auteurs. Espérons seulement que Foenkinos saura tirer son épingle du jeu (de l’amour).

Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos, 180 pages, édition Folio

Caroline Champion