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Cinéma « De leur Vivant » de Géraldine Doignon

Publié par Elodie Kempenaer, le 23 mai 2012

De leur vivant de Géraldine Doignon

Acteurs et rôles

Christian Crahay, Henri le père. Mathylde Demarez, Dominique, la sœur. + Bertrand, Pedro Cabanas+ Yoann Blanc, Ludovic, le frère. + Judith, Anne-Pascale Clairembourg ; enfant, Rose, Suzon Kervyn. Jean François Rossion, Louis, le frère. Raphaele Germser, Alice,  la femme enceinte.

C’est l’histoire d’un deuil qui se fait en famille et en huis-clos dans cet hôtel isolé de la campagne belge. Ce couple qui tenait depuis 40 ans se rompt avec la mort de l’épouse d’Henri. Ses enfants, Dominique, Ludovic et Louis pensent que l’hôtel doit être vendu.  Ce deuil n’est partagé par personne et personne ne semble se décider à l’affronter. Un mot d’ordre, revivre loin des souvenirs de la mère, de l’épouse. Si les enfants s’acharnent à oublier. Henri, lui, se complait dans un monde où Elle existe encore. Des acheteurs se présentent, l’hôtel va se vendre mais arrive Alice, une jeune femme enceinte de 8 mois qui demande une chambre. Henri l’accueille et réouvre l’hôtel pour elle. Lui qui ne partage pas, en fait sa confidente. Une intruse qui déboule au cœur même du drame familial et qui réussit là où les enfants échouaient. Se pose la question de savoir comment un deuil se gère ? Si le deuil est comme le dit à un moment Dominique « une histoire de famille » ? Ou si l’extérieur peut faire son intrusion pour briser soit un silence ?

Alice est l’objet perturbateur qui vient modifier le court du récit pour mener le tout vers une fin sereine. Un à un, d’autres personnes rentrent dans ce huis-clos. Judith la femme de Ludovic et Rose, puis Bertrand le compagnon bancal de Dominique.
Chacun tente de trouver sa place au milieu de ce deuil mais rien n’y fait et ils se voient forcés de partir. Ne reste qu’Alice.

Avec justesse, ce film explore les liens brisés qui se reconstruisent plus fort. Chacun reprend part au quotidien de l’autre avec sa vie, son vécu, sa façon d’être, de vivre et d’envisager la mort. Isolés dans cette campagne et en eux-mêmes, peu à peu, ils s’ouvrent et finissent par, enfin, partager ce qui les ramène en ce lieu.

Un film paisible, fluide, qui n’impose rien, qui laisse le spectateur suivre l’intimité de cette famille avec beaucoup de pudeur. Le deuil n’est pas outrageusement mis en avant. Une retenue dans la peine. Les tons de couleurs sont naturels, l’espace extérieur, paysage est filmé en profondeur et l’espace extérieur encadre les acteurs.

Un beau film.

Elodie Kempenaer