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Dernier jour au BSFF !

Publié par Elodie Kempenaer, le 9 mai 2012

Voici la fin de cette longue mais enrichissante semaine.
Je ne vais pas me départir de mes habitudes et vais d’abord parlé des deux dernières séances
vues.
Les European Film Awards.
Excellente occasion de profiter de la fine fleur du cinéma court européen à travers une
sélection de court déjà primés dans divers pays.
J’ai donc vu les EFA 2 et 3 au Vendôme.
Voyage en Pologne pour 2 courts, en Suède pour 2 courts aussi, en Belgique, en Allemagne,
en Italie et au Danemark.

Certains itinéraires valent moins le détour mais restent louable. Je vais donc commencer le
voyage en Belgique avec Dimanches de Valéry Rosier. Ici, tranches de vie, vision des petites choses qui font un dimanche comme paresser au lit toute la journée, comme la solitude de cette dame âgée accompagnée de son chien, comme les d’jeun’s cool du village qui font les beaux dans leur belle voiture au soir. Et comme fil conducteur, cet homme qui trace les lignes blanches sur un terrain de foot, qui le quitte et qui trace sa ligne tout le long du court. Très simple, très chouette.
Après la Belgique, l’Italie avec le documentaire d’Alberto De Michele pour I Lupi (les Loups). Les loups sont une bande de voleurs, ayant entre 40 et 70 ans, qui n’opèrent que les nuits de gros bouillard, de gros fog à l’anglaise. C’est une histoire de famille, c’est un métier que le documentaire nous conte en les suivant à travers la nuit. L’effet stylistique de filmer sans lumière ajoutée renforce l’effet «camouflage » et surtout l’effet « loup ». Les phares de la voiture pouvant s’apparenter à des yeux de loup guettant et chassant dans la nuit. Ennuyeux si le sujet ne passionne pas mais qui reste esthétiquement très intéressant.
Italie, Allemagne maintenant avec Jessi de Mariejosephin Schneider.
Dieu que je me suis ennuyée, et ce n’est pas faute d’être une spectatrice qui tente toujours de
trouver de quoi tenir le coup. Mais là…ca devait sûrement être touchant mais le film était monocorde. Pas une petite scène pour reprendre le spectateur. Le même schéma, la quasi même musique et une Jessi soit fantastique de retenue et de non-dits soit totalement amorphe. Ca doit dépendre des humeurs. J’ai senti passé les 30 minutes de film, et pas qu’un peu. Mais bon, passons et allons chercher plus haut dans le nord des petites perles.
Commençons avec le Danemark et son Berik de Daniel Joseph Borgman.
Berik vit à Semey au Kazakhstan. Il est difforme, tel ElephantMan. Ce qui rattrape le film c’est de savoir que Berik n’est pas un personnage de fiction, on ne peut alors qu’être ému par lui. Mais ca s’arrête là. Pas grand-chose à dire, je préfère me diriger vers la Pologne.
Et en Pologne, ils ont de la suite dans les idées.
Premier court de cette sélection, Histoires gelées de Gzegorz Jaroszuk.
Dans un supermarché, le patron appelle ses deux pires employés et leur somme de trouver un
but à leur vie. Ils ont deux jours. A partir de cette étrange demande, le film se construit avec sarcasme, ironie et moquerie. Certes le côté « le monde est gris et froid mais ensemble tout ira mieux » est joliment amené mais j’en soupe un peu de cette philosophie de fin. Heureusement que le ton décalé était là pour rattraper le propos.

Soit, toujours en Pologne, voici Paparazzi de Piotr Bernas. Rha, comme j’ai aimé ce court. Tant le montage saccadé, rythmé que la question finale de savoir si c’est vraiment le rôle d’un paparazzi de couvrir les événements dramatiques des stars, de savoir où se trouve la limite de l’indécence là dedans. Une juste réflexion sur le métier de paparazzi avec ce qu’il a de honteux, de dangereux etd’épuisant.
Pour la Pologne, le bilan est très positif.
Nous reste donc la Suéde.
Deux courts, deux registres fort différents.
Le premier, je me garde le meilleur pour la fin, Petits enfants, mots de grands de Lisa James Larsson. Dans une classe, la maîtresse demande aux enfants ce qu’ils aimeraient être plus tard. Avocat, star du petit écran et pour Alex, violeur. Le terme choque mais les enfants ne le comprennent pas alors la maîtresse se voit obligée de l’expliquer avec ses termes à elle, ses termes et surtout son vécu.

«Un violeur c’est quelqu’un qui te prend quelque chose, pas comme une télé ou un jouet mais quelque chose qui fait que le champ de fleur que tu trouvais si beau devient soudain détestable, que le rire d’un enfant te fasse soudain fondre en larme »
Ce n’est pas les mots justes mais l’idée et l’émotion sont là.
C’est fort en émotions.
Le dernier et non des moindres est aussi fort en émotion. Mais pas la même.
Mon meilleur pour la fin, Renaissance d’Hugo Lilja.
2012 et la fin du monde sont passés. Une épidémie de zombies a frappé le pays, 30 ans après, au lieu de les tuer, un système a été mis en place pour pouvoir les reprogrammer et les rendreutiles. Une main d’œuvre à peu de frais.
Un couple.
La femme est traqueuse, elle ramène les zombies, l’homme les reprogramme.
Un jour, l’homme reconnaît sa mère et la ramène chez eux.

Le premier court qui m’a laissée sur ma fin, me donnant l’envie de voir la suite, me donnant l’envie de le voir en long-métrage. Je suis persuadée que cette histoire de zombies est à creuser. Sortant du basique mais non moins jouissif « je te tue tu me tues » et le « cerveeeeaaaaaauufaiiiimm », ce court ouvre une multitude de réflexions et de possibilités de scénario.Toute emballée.C’est une belle fin de festival pour ma part.

Bon, maintenant que j’ai joué perso, je peux enfin vous faire part du palmarès de ce 15ème BSFF anniversaire. Je n’ai pas su participer à la soirée de clôture (je suis donc allez faire un tour à la fête de l’Iris place des palais pour voir De palmas) mais tout va bien. Au Vendôme était distribuée une feuille reprenant le tout.

Voici ce qui est ressorti de cette semaine.

Compétition National.

Le grand prix National de 2 500 euros par la SACD pour le Cri du Homard de Nicolas
Guiot.
Le prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles de 2 500 euros offerts à un réalisateur belge
francophone pour Youssouf le souffleur de Lia Bertels.
Le prix d’interprétation féminine de 500 euros pas la commune d’Ixelles pour Eva Van Der
Gucht dans You Will Find It de Jessie de Leeuw.
Le prix d’interprétation masculine de 500 euros par la commune d’Ixelles pour Itsik Elbaz
dans le Syndrome du Cornichon de Géraldine Doignon.
Le prix de jury (composé de Florence Keller, Massimiliano Nardulli et Justine Montagne)
de 1 500 euros en prestation technique par le Studio l’Equipe pour Oh Willy…d’Emma de
Swaef et Marc James Roels.
Le prix Be Tv de 1 500 euros comprenant l’achat des droits de diffusion sur BeTv pour
L’Attrape-rêve de Leo Medard.
Le prix TV monde 5, un P 310 par Nikon, pour Que la suite soit douce d’Alice De Vestele.
Le prix du Public de 2 500 euros en travaux offerts par Filmik pour Fable domestique d’Ann
Sirot et Raphael Balboni.
Le prix des Centres Culturels de 500 euros (diffusion du film dans certains centres) pour A
New Old Story
d’Antoine Cuypers.

Compétition internationale.

Le Grand prix du Festival de 2 500 euros offerts par la SABAM pour Short for Vanessa B de
Jons Vukorep.
La mention spéciale du jury pour Junior de Julia Ducournau.
Le prix d’interprétation féminine de 1 000 euros offerts par l’Echevinat de la Culture de la
Ville de Bruxelles pour Aldona Bendoriute dans Teve Musu de Marius Ivaskevicius.
Le prix d’interprétation masculine de 1 000 euros offerts aussi par l’Echevinat de la Culture
de la Ville de Bruxelles pour Shawn Christensen dans Curfew de Shawn Christensen.
Le prix du public de 1 000 offerts par la commune d’Ixelles pour Curfew de Shawn
Christensen.

Et c’est ainsi que le festival prend fin.
Ravie de voir que ceux qui m’avaient plu font partie du palmarès.
J’ai profité pleinement de l’opportunité de me souler aux films pendant une semaine.
Je n’ai qu’une hâte, recouvrir un prochain festival
Mais j’essayerai d’être accompagnée la prochaine fois, ca n’en sera que meilleur.

Elodie Kempenaer