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Littérature DUGUËL Anne : Mémoires d’une aveugle

Publié par Rédacteur, le 28 juillet 2012

Qui ne connaît déjà Anne Duguël, alias Gudule ?
Voici un recueil de nouvelles, plus de 40, donc la première sert de titre à l’ouvrage.
Il est impossible de résumer autant d’histoires, mais j’ai épinglé celles qui m’ont le plus accrochée.

Saloperie de fée : ah, Anne Duguël et son « amour/haine » des fées, illustré dans sa trilogie arthurienne. Voici comment une fée se venge des amours d’un adolescent. Truculent, sensuel et amusant.

Parlez-moi d’amour : fantastique récit au sens propre et figuré d’une femme en rupture sentimentale qui raconte ses ébats sexuels au coin du feu à une vieille fille. Et la vie peut changer sans qu’on s’en rende compte. Toujours une touche de sensualité et un parler vrai, sans détour, sur le sexe.

L’ami de Vincent : j’ai adoré ce mélange façon « Dorian Gray » entre le contemporain et la vie de Vincent Van Gogh, entre le futur qui vient en arrière pour préparer un sale coup pour les années à venir.

Ô Temps suspends Ton Vol : le temps passe vite, très vite et la fin m’a touchée particulièrement (mais chuuutttt), car je ne m’y attendais pas du tout. Cette Marie-Jo pourrait être n’importe qui de nos connaissances, une femme qui n’a pas d’enfant… L’enfant est un repère du temps qui passe car ses étapes de développement sont flagrantes et pour qui n’en a pas, il semble ne pas passer aussi vite…

Le baiser du désert : une des dernières nouvelles d’Anne, « livrée toute chaude pour le recueil ». Une flamboyante envolée dans le désert, extrêmement bien rendue (ceux qui sont passés par un désert sont encore plus gâtés pour saisir des nuances, la caresse du vent chaud qui vous vole sensuellement la moindre parcelle d’eau sur la peau… Moi ce fut le désert arabique en 1986, désert rose, longeant la Mer rouge, planté de chaussures abandonnées lors des guerres contre Israël). Beaucoup d’humanité, de douceur se dégagent de cette histoire magique malgré que la violence n’en est pas absente.

Soulignons également une préface de Michel Pagel et une longue interview due à Marc Bailly.

Mémoires d’une aveugle par Anne Duguël, illustration de Nick Tripiciano, Rivière Blanche

Véronique De Laet