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Agenda Egypt on film – le cinéma égyptien aux Bozar

Publié par Matthieu Matthys, le 9 janvier 2012

©1/2 révolution d'Omar Shargawi et Karim El Hakim

Aflam est un nouveau festival des cinémas arabes, qui se déroule du 11 au 15.01 au Vendôme, au Pianofabriek, à l’Institut Européen de la Culture arabe et au Palais des Beaux-Arts. Pour cette première édition, BOZAR CINEMA propose un focus sur l’Égypte durant 3 joursSept films (4 fictions, 2 documentaires et un film expérimental) sont à l’affiche entre le 13 et le 15.01, dont la plupart seront projetés pour la première fois en Belgique, en présence de leurs réalisateurs. L’événement est également assorti d’une table-ronde, réunissant des figures du cinéma symbolisant la nouvelle Égypte, comme Wael Omar, fondateur de Middlewest Films, une maison de production indépendante de documentaires.

Dans le sillage de la révolte tunisienne, la rue égyptienne se souleva contre le régime d’Hosni Moubarak et l’armée entérina sa destitution. C’est ce moment de libération, où une société s’extrait de l’espace réduit dans lequel le pouvoir voulait la confiner, cette restitution de la parole et de la liberté ravies par une kleptocratie répressive qu’Egypt on Film s’emploie à mettre en évidence à travers le cinéma.

Le cinéma, dans toutes ses formes d’expression, permet de comprendre par l’exemple le désaveu massif qui frappa progressivement la souveraineté du rais. ½ Revolution d’Omar Shargawi et Karim El Hakim plonge notre regard au cœur de la révolution en regroupant des documents spontanément filmés par un groupe d’amis qui se trouvaient au milieu des émeutes du Caire. Autre documentaire révélateur, The Three Disappearances of Soad Hosni, de Rania Stephan. L’œuvre retrace la carrière de la grande actrice égyptienne Soad Hosni, qui fut au cinéma arabe ce qu’Oum Kalthoum fut à la chanson, et évoque à travers les extraits de ses films l’image de la femme dans le cinéma égyptien durant trois décennies. La nuit, elles dansent, documentaire d’Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, montre les difficultés de la vie au sein d’une famille dominée par la tradition matriarcale de la danse. Cairo Exit, une œuvre de fiction d’Hesham Issawi, raconte l’histoire d’Amal, une jeune copte de 18 ans, qui attend un enfant de son compagnon musulman Tarek. Ce dernier envisage de partir clandestinement pour l’Italie et lui laisse le choix : se faire avorter ou quitter le pays avec lui… Hawi, d’Ibrahim El Batout, une fiction tournée « caméra au poing », relate le désœuvrement, l’espoir et la désillusion de la vie quotidienne à Alexandrie à travers une galerie de personnages incarnés par des acteurs non professionnels.

Ces films ne sont pas seulement précieux pour leur qualité artistique, mais ils valent surtout d’être vus pour le regard novateur qu’ils portent sur la réalité sociale et culturelle du pays.