Sortie cinéma, actualité théâtre, sortie BD, festival de musique | » Fabien Vehlmann nous explique le métier de scénariste de bande dessinée

Littérature Fabien Vehlmann nous explique le métier de scénariste de bande dessinée

Publié par Melody Graham, le 13 février 2014

Fabien_Vehlmann

Bonjour Fabien Vehlmann, pour nos lecteurs qui te découvrent, pourrais-tu nous dire qui tu es et que fais-tu dans la vie ?

Je suis scénariste de BD depuis 1998, en débutant avec la série « Green Manor » (avec Denis Bodart) , avant d’enchaîner avec « Samedi et Dimanche » (avec Gwen de Bonneval) et « Le Marquis d’Anaon » (avec Mathieu Bonhomme)

Scénariste de bande dessinée, tu as poussé les portes de Dupuis plusieurs fois avant qu’elles ne s’entrouvent pour toi, pourquoi donc n’avoir soumis tes premiers scénarios que dans cette maison d’édition ? 

Ah mais je les ai présenté ailleurs ! C’est juste que personne n’en voulait, haha ! Et c’est Thierry Tinlot, alors rédacteur en chef de Spirou, qui m’a le premier donné ma chance, voilà tout. Après, c’est vrai que j’avais une affection particulière pour cette maison d’édition, sans doute grâce à Franquin qui y a officié avec tant de talent.

Depuis 2010, tu es aux commandes de Spirou et Fantasio, LA série culte des éditions Dupuis qui a vu les plus grands auteurs de la maison d’édition belge défiler. Une pression pas trop difficile à supporter ?

C’est forcément un peu rude, car les lecteurs ne font pas de cadeaux aux repreneurs quand ils n’aiment pas l’orientation donnée… Mais c’est précisément cela qui constitue le challenge d’une telle reprise, et au bout du compte, malgré cette pression, il est encore possible de beaucoup s’amuser à « jouer » avec ces personnages célèbres, fort heureusement. Et puis je crois que depuis le tome 52, nos lecteurs sont rassurés par la direction que nous empruntons, Yoann et moi.

Ta série à toi, c’est « Seuls », un univers que tu as créé de toute pièce et qui semble avoir pris un rythme de croisière, comment se passe ta collaboration avec Gazzotti qui habite pourtant assez loin de toi ?

C’est tout simplement idéal : Gazzotti et moi vivons dans des villes distantes, mais notre façon d’envisager la série est exactement la même, nous sommes des « jumeaux psychiques » quand il s’agit de parler de ces 5 enfants, c’est assez épatant. Et c’est vrai que maintenant que la série est bien lancée, nous pouvons nous permettre de faire progresser l’intrigue à notre rythme, avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Le scénariste est souvent dans l’ombre du dessinateur pour le grand public, un métier qui te permet également de participer à plusieurs oeuvres chaque année, de nouveaux projets en perspectives ?

Toujours de nouveaux projets, oui ! Essentiellement liés à la revue numérique « Professeur Cyclope », lancé avec mes camarades Brüno, Cyril Pedrosa, Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle, et co-produite par Arte (et que je vous engage à découvrir gratuitement chaque mois sur arte.tv). Je vais y lancer une nouvelle série cet été, « Le dernier Atlas », co-écrite avec Gwen de Bonneval, où il sera question d’un robot géant et d’une invasion extra-terrestre… Que du bonheur !

La question est rarement posée mais pour toi, qu’est ce qui fait la qualité d’un scénariste en bande dessinée ?

Sa curiosité, sa façon de capter « l’esprit du monde » et de le retranscrire de manière claire aux lecteurs, son originalité…

On parle du scénariste mais du côté du scénario, qu’est ce qui fait un bon scénario de bande dessinée ?

Pour moi, un bon scénario est un scénario qui me surprend en tant que lecteur, qui m’emmène dans des territoires émotionnels inconnus… C’est très rare. D’ailleurs, je n’y arrive moi-même que trop rarement en tant que scénariste !

Avant d’en arriver à la bande dessinée, tu travaillais dans un théâtre. N’as tu jamais eu envie d’écrire une pièce afin de te découvrir sous un nouveau jour ?

Il se trouve que je vais peut-être y revenir de manière inattendue, puisque ma rubrique érotique « L’herbier Sauvage », actuellement présente dans la revue « Professeur Cyclope », va peut-être être adaptée sous forme de pièce… c’est encore loin d’être fait, mais cette perspective est tout à fait réjouissante !

Je te remercie pour ta disponibilité et le plaisir que tu nous donnes lorsque l’on te lit !