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Cinéma [Festival Anima 2012] Colorful

Publié par Rédacteur, le 23 février 2012

Un esprit gagne une deuxième chance de vivre à condition d’apprendre de ses erreurs. Il renaît dans
le corps de Makoto, un élève de 3ème qui vient de mettre fin à ses jours. L’esprit doit endurer la vie
quotidienne de cet adolescent mal dans sa peau. Avançant à tâtons, s’efforçant de ne pas reproduire
les fautes de Makoto, il va finalement découvrir une vérité qui va bouleverser son existence.

Premières images, des interjections sur fond noir…
Comme l’esprit principal, le spectateur se demande où il se trouve et où on va l’emmener. A la gare
des trépassés, une espèce d’ange l’accueille et lui fait part de ce cadeau qui lui est fait : pouvoir revenir
sur terre pour avoir peut-être la chance de retourner dans le cycle des réincarnations et améliorer son
âme au fur et à mesure de son existence.

Le début de ce film ne cadre pas beaucoup avec la suite de l’histoire telle qu’elle est contée. En effet,
avec un tel commencement, l’on pouvait s’attendre à plus d’interventions d’ordre cosmique, ou, en
tout cas, à un mélange bien plus important entre le spirituel et la réalité.
Il n’en est rien ; ce qui pourrait déranger la compréhension de l’histoire.

Pourtant, le spectateur est embarqué, comme l’âme en rachat, dans le quotidien d’une famille
japonaise de nos jours, sans que cela ne soit pesant, ni répétitif. Au contraire, il se laisse prendre au
défilé des jours, avec ses joies et ses peines, tout en se demandant ce qui a pu bien arriver à ce jeune
garçon pour qu’il ait recours au suicide.

C’est là toute la force de ce film !
Arriver à parler du suicide chez les jeunes adolescents japonais, par touche, en effeuillant le problème,
couche après couche, comme un tableau demandant un travail incessant, sur plusieurs séances tout au
long des mois qui passent.

Finalement, tout comme la vie pleine de couleurs, Colorful est rempli de références permettant de
mieux appréhender la société japonaise, que ce soit au travers du concept de métempsycose, de la
prostitution juvénile, du système scolaire ou de la famille, tout en évitant de juger mais donnant les
moyens au spectateur de se poser des questions et d’y trouver ses propres réponses colorées de son
expérience.

Ce film est de nouveau diffusé, jeudi 23 février, à 19h30.

Adeline Delabre