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Agenda Gagarin Way au Méridien jusqu’au 11/02

Publié par Philippe Vincke, le 21 janvier 2012

De: Gregory Burke
Traduction: Dominique Hollier
Mise en scène: Georges Lini
Assistante mise en scène: Chloé Anthoine

Avec:
John Dobrynine
Vincent Lecuyer
François Prodhomme
Jean-François Rossion

Gagarin Way de Gregory Burke est un lexique du combat moderne des “working class”.
La pièce est centrée autour de 4 personnages liés par une usine d’électronique dans
laquelle ils travaillent. Gary, ancien militant de gauche, possède des valeurs pour
lesquelles il mourrait tandis qu’Eddy n’en a que faire des messages politiques, il ne voit
le monde qu’à travers la violence. Ensemble, ils décident de kidnapper et d’assassiner
un haut cadre de l’entreprise pour protester contre les conditions de travail, le sort
des travailleurs ou… simplement pour se distraire. Tom, un gardien de l’usine et jeune
diplômé, se retrouve contre son gré complice des deux protestataires. Face aux visions
du patron pris en otage, les valeurs de chacun sont mises à l’épreuve.

Sur fond de conflit social, Gagarin Way est une comédie originale et mouvementée.
Bien que le sujet ait été vu et revu, l’originalité de l’oeuvre est la confrontation de
quatre points de vue catégoriques et très distants. La pièce est également imprégnée de
quelques souffles de violence. Mais pas d’inquiétude, on voit bien pire chaque jour à la
télévision. Les comédiens sont de véritables professionnels même si certains gestes font
frémir le public. Au bout de la confrontation, on s’attend à ce que l’un des points de vue
prenne le dessus sur les autres. Et au contraire des histoires formatés hollywoodiennes,
les “Happy End” ne sont pas toujours au rendez-vous.

Point bonus pour les éclairages d’Alain Collet : l’ambiance sombre va de pair avec
l’humour noir et parfois très machiavélique des dialogues. L’éclairage de la ville en
dehors de l’usine n’a pas été ménagé : au coeur de la nuit écossaise, on devine les
voitures qui longent l’usine et l’atmosphère angoissante de ce “working class area”.
Le Théâtre du Méridien propose jusqu’au 11 février cette ambiance dramatique voire
étouffante mais malheureusement tellement réelle. Une expérience rare, soyez tentés !

Philippe Vincke