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Cinéma Holy Motors de Léos Carax

Publié par Marc Bailly, le 9 juillet 2012

Holy Motors de Léos Carax avec Denis Lavant, Kylie Minogue, Eve Mendes, Michel Picolli.

Sortie le 04 juillet en France, le 11 juillet en Belgique

Il y a des films qui sortent parfois de l’ordinaire, qui vous font voyager en dehors de la vie ou du temps, qui vous font rêver ou vous font frémir. Ici, Holy Motors ne sort pas vraiment de l’ordinaire, c’est carrément un ovni cinématographique de première catégorie. Pas le petit ovni que l’on voit passer vite fait, non non, vraiment le gros ovni qui transporte troupes et cie… Une véritable invasion à lui tout seul. Oui vous lisez bien, ce film est complètement déjanté, et c’est le mot, il n’y en a pas d’autre…

Déjà le synopsis : « De l’aube à la nuit, quelques heures dans l’existence de monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie, tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille… M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier – mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l’immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. A la poursuite de la beauté du geste, du moteur de l’action, des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ? » Ce résumé ne donne qu’un très très bref aperçu de ce qu’est ce film. L’acteur, Denis Lavant, joue des rôles différents tout au long de l’histoire. Tantôt meurtrier, père de famille, tantôt un vieil homme mourant, monsieur Merde.

Léos Carax, le réalisateur, nous avait déjà habitués à des films qui sortent de l’ordinaire. Des films salués par la critique, mais semi-boudés par le public (Mauvais sang en 1986, Les Amants du Pont-neuf en 1991, ou Pola X en 1999). Mais là, j’avoue qu’il dépasse toutes les normes en vigueur.

Son acteur fétiche, Denis Lavant, est exemplaire de justesse et son jeu est remarquable à tout point de vue. Ce personnage-acteur qui préfigure un genre nouveau, en jouant sans caméra, et dans la vraie vie, interprète les différents « sketches » avec une force et un entrain peu commun.

J’avoue ne pas avoir tout compris, certes, mais parfois, il faut se laisser entraîner sur des chemins hors normes, se faire un peu chahuter pour élargir notre vision des choses.

Soulignons que ce film était en compétition au dernier festival de Cannes et qu’il était parmi les favoris.

Marc Bailly