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Cinéma [Humeur] Twilight : Breaking Dawn – Part 1

Publié par Rédacteur, le 19 décembre 2011

The Twilight Saga: Breaking Dawn – Part 1

Conditions excellentes : Une salle à température agréable, des fauteuils confortables, une image numérique et des voisins discrets. Pour ça, rien à redire. Concernant le film en lui-même, je suis moins convaincu.

Les décors sont fantastiques, tout comme la baraque des Cullen. Vraiment extraordinaire. Cela dit, le reste c’est du vrai mauvais, un gros cliché. Presque pire qu’une série B, s’il n’y avait autant d’argent à la post-prod… Fallait pas y aller, en même temps. Je sais, mais c’était pour faire plaisir à ma femme.

Que ceux qui ont pu supporter une série comme True Blood ne seront pas dépaysés : Le jeu d’acteur désastreux de Sookie et les scénarii profondément débiles sont au rendez-vous. Et rassurez-vous, la crédibilité est également au niveau zéro. L’injure à l’intelligence est au moins aussi grande que dans Blade, le côté romantique pour ados boutonneux en plus.

J’avoue, j’ai vu les autres films (aussi avec ma femme, je ne suis pas maso au point d’y aller pour mon propre plaisir). J’ai également lu les livres. Enfin, presque. Je n’ai pas tenu plus de 200 pages dans le dernier. Parce qu’une fois le décor planté, ça devient nul. La trame est inexistante, agrémentée de détails profondément inutiles et n’est qu’un prétexte à une histoire d’amour impossible entre un lézard et une lézarde. Sans parler des dialogues qui frisent le niveau des Inconnus : « Stephen… metstoi donc à ma place! ».

Bon, mon venin étant craché, voyons du côté des messages que le film tente de faire passer. Il y en a ? Oui, à défaut de se passer quelque chose pendant le film, il y a une série de messages que j’ai cru comprendre… Et qui ne me donne pas trop envie de conseiller le film à qui que ce soit.

1.      Les acteurs sont nuls, faudrait pas que le public ne suive pas…

Dans le magnifique rôle de la petite oie Bella Swan, une Kristen Stewart égale à elle-même, regard qui tombe et moue constante.

Pour jouer le beau vampire dont toutes tombent amoureuses, l’ex-boxeur mâchoire carrée et nez cassé, teint pâlot mais regard de feu, Robert Pattinson. Moins il parle, mieux il est. Soit il avait des problèmes de mémoire, soit sa voix ne plait pas au réalisateur.

Pour compléter le trio, La brute épaisse excessive, ex-boyfriend amoureux, amérindien mystique, gueule-de-gamin-de-15-ans, c’est Taylor Lautner. Toujours prêt à « Je vais me fâcher, hein » mais ne fait jamais rien.

Dans les autres rôles, un père flic, une mère gnangnan, une amie débile gnangnan, et la belle-famille-qui-porte-des-lentilles-rouges.

Les seuls bons acteurs, ce sont les loups : réalisés par ordinateur.
Je tire mon chapeau à l’équipe de maquillage qui a fait un travail exceptionnel.

2. Connes, mais bonnes. L’ode au superficiel.

Les humains sont tous très bêtes, et ne comprennent rien. Les Indiens-loups garous sont peu réfléchis et agressifs. Les vampires sont futés. Les copines de Bella ont toutes 2 de QI, mais qu’est-ce qu’elles sont bien foutues. Côté loups-garous, c’est pareil. Ils sont balaises et tapent dans le tas. Les vampires sont les mieux, de loin : super-forts, super-beaux et super malins. Ils trouvent toujours une idée pour se sortir des situations difficiles.

Le culte du con, c’est bien, les gens malins, fin, gentils et prêts à aider, c’est dépassé. Ce qui compte maintenant, c’est d’être bonne et conne, le paraître, toujours. Merci Bella Swan : 117 minutes où on la voit dans tous les sens, elle et ses boyfriends bien gaulés.

3. Le placement produit

On se serait cru dans Minority Report. Des marques toutes les cinq images. Des Volvo, des BMW, un iMac, un Samsung Galaxy SII… C’est pire que dans le livre où les citations de marques faisaient déjà gros, ici, les précisions de modèles sont tellement grossières qu’on sent le publireportage à plein nez. Gros plan sur le logo de la voiture, suivi de l’auto qui part avec un net à faire pâlir un peintre photoréaliste ! Pour un Geek comme moi, c’est désespérant, on ne doit plus essayer de reconnaître quel gadget est employé : c’est inscrit à l’écran. C’est à peine si on ne montre pas les références pour acheter le produit.

En fait, c’est une publicité de deux heures. Je préfère celle de Bonux. Question d’époque, sans doute.

4. Pas de sexe avant le mariage, et autres concepts.

Si on ne l’avait pas remarqué dans les épisodes précédents, c’est qu’on avait pas tout à fait bien regardé. Coucher avant le mariage, c’est vraiment pas bien. Mais tellement pas bien, qu’on se marie tôt. Parce qu’avoir une relation sexuelle avant le mariage, même entre un vampire et une humaine, c’est vraiiiiment pas bien. Alors qu’égorger des humains, rouler à des vitesses excessives, se battre tout le temps, mentir aux policiers et à ses parents, mener une double vie, c’est beaucoup plus acceptable ! Ok, on a bien compris. Et vous, les ados vous avez saisi ?

5. Pour ou contre l’avortement. À votre avis ?

Une fois qu’on est mariés, on peut ! Ouaiiiis. Bon, la pilule et les capotes, ce sont des concepts de pays sous-développés. Nonobstant le côté irréaliste de la compatibilité vampire-humaine, on apprend que quand on couche avec quelqu’un (du sexe opposé, bien qu’Edward me semblait bien gai), on augmente fortement les probabilités d’une conception in vivo. De tomber enceinte, donc. Et c’est vraiment bien souligné : On vomit un déjeuner (que j’aurais moi-même vomi : cuisses de poulet au beurre de cacahuètes), et on « sent quelque chose de vivant dans son ventre ». Ok.

Avorter ? Il n’hésite pas. Elle ne veut pas. Pourtant, toutes les conditions disent que c’est vraiment pas une bonne idée. Cette petite chose au fond de son ventre, fruit de leur amour (inconscient ?), c’est un bébé, pas un fœtus (on le dit texto à deux reprises). Donc faut le mener à terme. Belle campagne de propagande du lobby pro-life. Tant le fond que la forme me révulse. Je ne suis pas contre les enfants, hein, faut pas croire. Mais une fille de 18 ans qui tombe enceinte, qui risque de mourir en enfantant un « monstre » (entendez anormal), dont le « futur papa » est contre le fait de le garder ; ça fait la situation la plus désespérée pour accoucher. Et pourtant…

6. Vendez tout !!!

Comme je l’ai déjà expliqué, il ne se passe rien dans ce navet. Mais pour être sûr d’en faire trop, et de faire un max de bénéfices, on fait comme avec Harry Potter : On divise le dernier livre en deux films. C’est bien plus cool : Les gens peuvent ainsi payer deux fois !

Julien Fontignie