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Théâtre Interview de Nathalie Uffner

Publié par Mourtad Issa Ashraf, le 30 avril 2013

Comédienne, metteuse en scène et auteur, Nathalie Uffner est directrice artistique du Théâtre de la Toison d’Or (Bruxelles). Au TTO, elle a l’occasion de jouer mais aussi de diriger. Elle met en scène Laurence Bibot dans 4 spectacles co-écrits avec la comédienne dont Bravo Martine et Miss B. On lui doit également les succès de pièces comme Les Monologues du Vagin d’Eve Ensler, Les Virtuoses 2 de Damien Gillard, ainsi que eXcitFever et Cendrillon, ce macho! de Sébastien Ministru. Très complice avec Sébastien, elle assure aujourd’hui la mise en scène de son nouveau spectacle Ciao Ciao Bambino

C’est suite à la sortie de Ciao Ciao Bambino, dont elle est la metteuse en scène et qui connaît déjà le même immense succès que Cendrillon, ce macho !, que nous avons décidé d’interviewer Nathalie Uffner le mercredi 24 avril 2013 dans le Théâtre de la Toison d’Or. Nous irons voir la pièce ce mercredi 1 mai afin de vous donner nos impressions.

Bonjour Nathalie Uffner, pour commencer notre interview nous aimerions savoir d’où vous est venue l’idée d’entamer des études de comédienne ?

En fait, je n’étais pas une très bonne élève à l’école et quand il a fallu choisir une direction d’étude professionnelle, j’étais persuadée de n’être pas capable de faire des études universitaires et comme je faisais du théâtre en tant qu’amateur, j’ai décidé de continuer sur ma lancée au Conservatoire de Bruxelles. J’y ai fait 3 ans sans avoir eu de diplôme car j’étais une mauvaise élève. Mon professeur et le jury extérieur ne croyaient pas en moi et me disaient qu’il ne fallait pas que je me lance dans le domaine du théâtre. À ce même moment, je faisais partie d’un spectacle qui se produisait en France et j’ai donc décidé d’arrêter le Conservatoire pour me consacrer à ce spectacle. Mais aujourd’hui, de ma promotion, je suis une des seules qui travaillent. Je ne sais pas pourquoi mais les difficultés, les rejets et les échecs stimulaient en moi de la créativité.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le métier de metteuse en scène ?

Les gens ont tendance à ne pas se rendre compte de l’ampleur du travail de la mise en scène. Certes, une partie vient des acteurs mais l’autre moitié vient du metteur en scène. Le metteur en scène doit, par exemple, trouver les temps de silence dans le texte de l’auteur pour rendre la pièce drôle, vivante, etc. En tant que metteuse en scène, c’est aussi moi qui choisi les comédiens.

Si vous deviez choisir entre metteuse en scène et comédienne, quel métier choisiriez-vous ?

Metteuse en scène ! J’aime faire de la comédie mais la mise en scène me plaît énormément ; je m’y sens plus à l’aise. Par ailleurs, j’ai plus de trac en tant que comédienne que metteuse en scène ; même si dans le deuxième cas, il y a une espèce de frustration quand la pièce commence et que je sais que je ne peux plus rien dire.

Pourquoi avez-vous décidé de déposer vos valises au Théâtre de la Toison d’Or et de créer le TTO ?

À 30 ans, j’ai rencontré l’homme qui allait devenir mon mari et le père de mes enfants et on a tous les deux décidé, avec une amie, de trouver un lieu où je pourrais m’exprimer et faire exprimer les autres. C’est alors que nous sommes tombés sur le Toison d’Or qui était un ancien cinéma, fermé depuis 20 ans déjà.

Dans quel contexte avez-vous rencontré Sébastien Ministru ?

C’était il y a une quinzaine d’années. Je jouais une pièce et au fond de la salle, il y avait un gars qui hurlait de rire. D’habitude, moi et les comédiens ne faisons pas attention au public mais lui n’était pas comme les autres. Et après le spectacle, il nous a attendus et on a discuté durant des heures. Il revenait souvent au TTO et on discutait pas mal, que ce soit avec moi ou le reste de l’équipe. Et puis voilà, c’est devenu un très bon ami.

Comment expliquez-vous l’immense succès que connaît acutellement « Ciao Ciao Bambino » ?

Je pense que c’est du à un mélange de pleins de choses. Il y a le succès de « Cendrillon, ce macho ! » ,écrit par Sébastien et que j’ai mis en scène, qui a eu un succè colossal et de ce fait, les attentes envers Sébastien et moi sont donc immenses. Puis, il y a les échos depuis le lancement de la pièce qui sont hyper positifs et qui attirent énormément de spectateurs.

D’où vous est venue l’idée de combiner comédie et cuisine et d’ainsi créer « Nathalie is in the kitchen » ?

J’adore cuisiner et manger et j’ai décidé de combiner mes deux passions : la cuisine et la comédie. Ma cuisine était très présente ces 3 dernières années au restaurant du TTO mais nous avons maintenant décidé de faire appel à un cuisiner.

Quels sont vos futurs projets ?

Au cinéma, je vais jouer cet été dans un film du journaliste Wavier Diskeuve. Au théâtre, je vais jouer dans « Les Pétasses » 4 fois en juin et puis encore en octobre. Je vais aussi bientôt signer pour un livre qui va s’appeler « La cuisine juive expliquée à mon ami goï », mon ami goï étant Sébastien Ministru.

Pour terminer notre interview, nous aimerions savoir qu’en est-il du statut d’artiste de nos jours en Belgique ?

Avant de devenir directrice, j’étais comédienne et je dépendais du chômage quand je ne jouais pas mais je ne perdais pas mon statut d’artiste, ce qui n’est apparemment plus le cas de nos jours. Par exemple, je pouvais avoir un contrat d’un mois et puis dépendre du chômage durant 4 mois. Aux USA, tous les comédiens ont des petits boulots à côté mais ici, ce n’est pas vraiment le cas car on pourrait y perdre son statut d’artiste.

Jenny & Ashraf