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Théâtre Interview de Sébastien Ministru

Publié par Mourtad Issa Ashraf, le 30 avril 2013

Rédacteur en chef adjoint et responsable de culture à Télé Moustique, chroniqueur sur Pure FM dans les émissions “Snooze” et “Bang Bang”, chroniqueur sur La Première dans l’émission “Bonjour quand même”, Sébastien a en outre reçu le prix ex-libris (prix du meilleur journaliste dans le domaine de la littérature) en 2002. Après avoir créé au TTO en 1999 Un Homard ! Où ça ?, Sébastien est revenu en 2001 avec sa deuxième pièce eXcit, un succès absolu qui a déplacé plus de 15.000 spectateurs en Belgique et à Paris. En 2005, il récidive avec La Fête des Mères. Puis, quand son univers a rencontré la troupe du cabaret « Chez Maman », cela nous a donné un Fever totalement strass et paillettes, un conte de Noël déjanté. S’ensuit alors l’aventure de Cendrillon, ce macho !, un spectacle royal et incontournable en période de fêtes de fin d’année. Reprise prévue cette saison dès le 15 décembre.

C’est suite à la sortie de Ciao Ciao Bambino, dont il en est l’auteur et qui connaît déjà le même immense succès que Cendrillon, ce macho !, que nous avons décidé d’interviewer Sébastien Ministru le jeudi 25 avril 2013 dans les bureaux du Télé Moustique. Nous irons voir la pièce ce mercredi 1 mai afin de vous donner nos impressions.

Bonjour Sébastien Ministru, pour commencer cet interview, on aimerait savoir de quelle filière êtes-vous sorti ?

Bonjour, j’ai une formation de documentaliste ; j’ai fait des études de bibliothécaire-documentaliste. Mais comme c’était des études qui m’avaient fort ennuyé, j’ai poursuivi des études dans le domaine du journalisme.

Quand vous avez débuté vos études de documentaliste, saviez-vous dès le départ que c’était vers le journalisme que vous vouliez vous orienter ?

Oui, j’avais envie de devenir journaliste mais je ne savais pas trop bien vers quelles études me tourner quand il fallait faire un choix à l’âge de 18 ans. J’ai donc décidé de faire des études de documentaliste sans vraiment me poser de questions essentielles. Après, j’ai vraiment fait ce que j’avais toujours voulu faire. En fait, le journalisme a toujours été un rêve de petit garçon pour moi.

Comment se déroule une journée type dans la peau de Sébastien Ministru ?

Houla ! Je me lève à 5h du matin pour préparer les 4 biais d’humeur pour l’émission du matin de PureFm entre 7h et 9h où j’interviens à 4 reprises. Après l’émission, on débriefe par rapport à ce qui a été et ce qui n’a pas été. A 11h, je vais aux bureaux du Moustique où j’occupe le poste de rédacteur en chef adjoint et de responsable culture. Chez Moustique, je m’occupe de la fabrication au jour le jour du magazine ; je dirige les équipes ; je regarde comment évoluent les mises en page. Je supervise aussi le magazine hebdomadaire qui compte 168 à 170 pages où j’écris certains articles et j’ai aussi une rubrique hebdomadaire qui s’appelle le Tac au Tac, qui est en fait la dernière page du Moustique dans laquelle je rédige une interview d’humeur un peu décalée d’une personnalité. Je termine vers 18h – 18h30 et puis je rentre à la maison et je suis « mort ».

Comment arrivez-vous à concilier vie privée et vie professionnelle avec des journées aussi chargées ?

C’est clair que quand vous bossez comme moi, il faut faire des consessions et des choses s’imposent naturellement. Je vis avec mon compagnon depuis 27 ans, il sait très bien ce que je fais et on n’a décidé de ne pas avoir d’enfants. En fait, ma vie privée et ma vie professionnelle se confondent.

N’ayant donc pas eu de formation dans le domaine du théâtre, d’où vous est venue l’idée d’écrire des pièces ?

On est venu me chercher ! En fait, j’écrivais des articles qui avaient une certaine personnalité et je faisais déjà des chroniques radio qui étaient très humorisitiques. Et c’est Nathalie Uffner, directrice du Théâtre de la Toison d’Or et une auditrice de la RTBF, qui, un jour, est venue vers moi en me disant qu’elle trouve que j’ai un univers et un langage assez intéressant pour le théâtre et la comédie. C’est donc comme ça que tout à commencé; je n’ai donc eu aucune formation. Pour tout vous dire, je ne savais absolument pas que je pouvais faire quelques chose que je ne savais pas faire. En fait, j’ai toujours eu de la chance : les autres ont toujours su mieux que moi ce dont j’étais capable de faire.

Pourquoi vos pièces ont-elles toujours été jouées dans le Théâtre de Toison d’Or et nulle part ailleurs ?

C’est parce que je suis bien à la Toison d’Or, c’est comme une petite famille que je connais depuis presque 12 ans maintenant. La collaboration est tellement impeccable que ce n’est pas la peine de vouloir changer.

Si vous avez un choix à faire entre chroniqueur, journaliste et auteur de pièces de théâtre, quel serait-il ?

Ah non, ah non ! Non, je ne sais pas ; je ne saurai pas choisir mais mon premier amour reste tout de même la presse écrite.

Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui font que « Cendrillon, ce macho ! » a eu et a toujours autant de succès ?

Effectivement, ce succès dure depuis 6 ans et je ne sais pas vraiment pas pourquoi. Maintenant, si je prends un peu de distance, je pense que l’idée de détourner un conte de fée a séduit le public. D’ailleurs, je pense que le succès est aussi du à la façon dont j’ai véhiculé un petit message autour de la tolérance et du mariage pour tous. En fait, j’ai tout simplement pris le conte et j’ai changé le sexe de Cendrillon pour aborder l’homosexualité. Cette pièce aborde un sujet de société mais qui n’est pas traitée de manière barbante ; au contraire, la pièce est extrêmement drôle et les gens sortent de la Toison d’Or en ayant la banane et font la publicité eux-mêmes et ils reviennent car ce spectacle est une machine à rire.

Comment expliquez-vous l’énorme succès qu’a « Ciao Ciao Bambino » en seulement une semaine ?

C’est toujours le thème de l’homosexualité. C’est vrai que le succès a été instantané et je pense que c’est parce que le gens ont été extrêmement été touchés par l’histoire de cette famille ; les gens reconnaissent des choses de leur propre famille même si l’histoire de cette dernière n’est pas identique à la leur. Il y a aussi sans doute le fait que j’ai maintenant une petite renommée et le public me suit, ce qui me met une pression supplémentaire quant à l’attente du public qui vient pour voir du Ministru. Dans « Ciao Ciao Bambino », j’ai eu très peur car le ton est différent, comparé à celui de « Cendrillon, ce macho ! »

D’où vous est venue l’idée de « Ciao Ciao Bambino » ?

C’est clairement un hommage à mes origines italiennes ; j’avais envie de raconter des souvenirs que j’ai eus avec mes parents et grand-parents. J’avais envie de reprendre ces souvenirs et d’en faire une histoire. La pièce n’est pas du tout autobiographique ; l’histoire et les personnages sont complètement fictifs (même si certains personnages ont des caractéristiques proches de ceux des membres de ma famille) mais tout ce qui se dit est à 75% vrai.

Avez-vous votre mot à dire quant au choix des comédiens ?

Oui, bien sûr ! C’est pour ça qu’il est intéressant de jouer à la Toison d’Or car, avec Nathalie Uffner, on fait tout à deux. C’est surtout de savoir avec qui on a envie de jouer qui nous permet de choisir les comédiens.

Quels sont futurs projets ?

J’ai un futur projet qui va directement enchaîner avec « Ciao Ciao Bambino ! » : LES PETASSES. J’ai écrit cette pièce entre deux autres. Cette pièce est assez drôle, elle relate l’histoire de 4 personnes bon chic, bon genre qui veulent organiser une soirée de bienfaisance mais qui brassent du vide parce qu’ils ne savent exactement qui aider (les pauvres, l’Afrique, les hommes battus, …?). A travers cette pièce, j’essaye de montrer la vacuité que certaines personnes alimentent pour essayer d’aider les gens alors qu’ils devraient s’aider eux-mêmes.

Quels conseils et recommomandations donneriez-vous à des étudiants en communication désirant se tourner vers le journalisme ?

Ce n’est pas facile ! C’est un des secteurs en mutation car il y a une crise dans le marché de la presse à cause d’Internet et des nouveaux médias. On ne sait donc pas, aujourd’hui, ce que la presse écrite va donner. C’est aussi un secteur économiquement précaire et il est très difficile de décrocher des CDI et des postes valorisants.

Jenny & Ashraf