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Théâtre Interview de Stéphanie Coerten de Sois belge et tais toi ! (Mars 2008

Publié par Lionel, le 12 novembre 2012

Si il y a bien une pièce de théâtre qui est attendue chaque année en Belgique, c’est bien celles traitant avec humour et satire de l’actualité belge. Tout le Monde connait déjà la revue du Théâtre des Galeries et ses prix mirobolants, mais n’oubliez pas qu’ils n’ont pas le monopole de l’humour. Depuis maintenant plus de 10 ans, un spectacle plus grand public est proposé par la Compagnie Victor, toujours dans le même style mais encore plus drôle !

http://www.compagnievictor.com

Bonjour Stéphanie, nouvelle au sein de l’équipe de « Sois belge et tais-toi ! », nous avons fait quelques recherches sur toi afin d’en apprendre un peu plus. L’on sait que tu as suivi les cours de la Kleine Academie, que tu as enchaîné sur des formations en théatre ainsi qu’en travail de la voix. Tu es également passée maître en improvisation théatrale mais ce que nous voudrions savoir c’est où trouves-tu toute cette énergie qui fait ton admiration sur les planches ?

Stéphanie : Quelle drôle de question, je ne me la suis jamais vraiment posée. C’est un fonctionnement qui a dû ressembler longtemps à de la monomanie, puisque boulot et loisirs convergeaient toujours dans la même direction. Dès que j’avais un peu de temps, j’y glissais un cours, un stage ou un projet. Maintenant, j’essaie de garder du temps pour des moments « privés » comme voir mes amis ou ma famille. Mais je me demande si une partie de moi n’est pas foncièrement « workaholic » . J’ai besoin de multiplier les activités, besoin de mouvement.

Nouvelle au sein de l’équipe, n’est-ce pas un peu compliqué pour toi de t’insérer dans une machine qui marche et de ce fait comment expliquer la confiance qu’a mis en toi Olivier Leborgne qui je le rapelle est depuis 1990 un des acteurs du monde audiovisuel par ses sketchs sur Canal + et sa complicité avec Patrick de Ridremont présentateur à la RTBF ?

Stéphanie : Alors tout d’abord, j’ai été adorablement accueillie au sein de l’équipe. Je n’entrais pas tout à fait en territoire inconnu puisque l’un des comédiens et le producteur sont des amis de longue date, et sans le connaître vraiment, je côtoyais Olivier depuis très longtemps aussi, à travers les milieux de l’impro. Pour le reste de l’équipe, nous avons eu l’occasion de s’apprivoiser très vite dans le travail, puisque les répétitions ont démarré très rapidement après mes auditions. Parce qu’évidemment, auditions il y a eu. Et franchement, c’est un exercice extrêmement impressionnant. Je n’avais jamais dû chanter en audition, par exemple. Ici, j’ai eu deux jours pour préparer deux sketches et deux chansons imposées, plus une chanson au choix. Autant te dire que je tremblais de la tête aux pieds! Il fallait convaincre Olivier, mais aussi Baudouin et André Remy, les auteurs et initiateurs de ce grand spectacle. J’ai passé un deuxième tour d’auditions pour traverser toutes sortes de chansons et voir comment je m’en sortais (on a fait ça un après-midi, dans un karaoké!)et en descendant de scène, on m’a dit « bienvenue dans l’équipe »!!
Et l’équipe est vraiment géniale. Je me suis rarement autant amusée en répétitions.

La pièce que tu joues actuellement est une satire de la politique belge, les rôles que tu y joues peuvent être quelques fois ingrat , par rapport au théatre classique comment te positionnes-tu par rapport aux personnages que tu interprètes ?

Stéphanie : Il n’y a pas de différence à mes yeux entre interpréter Phèdre ou Joëlle Milquet ou n’importe quel autre personnage drôle, burlesque ou tragique… Il faut de toutes façons trouver ce qui nous rapproche du personnage et ne jamais le juger. Je ne trouve pas cela ingrat de faire de la caricature, d’autant que les textes sont d’une grande finesse et jamais réducteurs. Que le personnage soit objectivement une sainte ou une ordure, dans le jeu, on ne peut pas se permettre de juger ses actes ou ses idées, sans lui faire perdre toute crédibilité. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir nos idées propres.. elles sont justes remisées dans un tiroir le temps du spectacle.

On te sais également présentatrice sur une télévision locale belge, un rôle de journaliste est peu coutume pour les comédiens. Comment vis-tu le rapport théatre-média toi qui as un pied de chaque côté de la barrière ?

Stéphanie : Je ne suis pas vraiment journaliste, je suis présentatrice d’une émission sur laquelle bosse toute une équipe de journaliste qui en prépare les sujets. L’approche n’est donc pas si différente du contact que j’ai avec le public quand je suis sur scène. J’essaie juste d’imaginer, en regardant la caméra, les gens installés chez eux!
Cela dit, ça m’amuse énormément! Et ça, c’est mon moteur principal.

Toutes ces questions sont bien sérieuses, détendons nous un petit peu. (tend un verre de vin rouge). On connaît les difficultés des artistes de nos jours, le théatre a ses manières que l’ouvrier ignore mais en tant qu’ouvrière du spectacle, que pourrais-tu conseiller aux jeunes qui désireraient faire une carrière comme comédien ?

Stéphanie : Et tu appelles ça se détendre!
Bon, ce que je dis souvent c’est qu’il ne faut pas se leurrer, c’est vraiment dur comme métier. On travaille avec acharnement sans compter les heures, on doit faire plein de compromis, souvent pour simplement avoir de quoi vivre, et même quand ça décolle, rien n’est gagné. Mais tout ça n’est rien à côté du plaisir, du bonheur, de la satisfaction que j’ai à faire ce boulot.
Alors, comme conseil, c’est difficile à dire. Je crois qu’il faut faire ce métier si vraiment, tu sens que c’est là que tu dois être. Et en attendant que les choses bougent, être curieux de tout, garder les yeux et les oreilles grandes ouvertes pour nourrir son univers personnel.

Un tout grand merci d’avoir intercalé cette interview entre tes nombreuses activités Stéphanie, l’on ne manquera pas de venir te voir sur scène au théâtre Saint Michel prochainement !!

Cette interview a été réalisée en 2008, nous nous permettons de remettre nos archives en ligne !