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Littérature Keigo HIGASHINO : Un café maison

Publié par Rédacteur, le 27 juin 2012

Yoshitaka Moshiba, PDG d’une grande société annonce froidement à son épouse qu’il désire la quitter étant donné que celle-ci ne sait pas lui donner d’enfant. Une année auparavant, le couple s’était fraichement marié, avec comme clause du contrat, avoir un enfant dans l’année.

Le choc est dur est à encaisser pour Ayané et les mots manquent à son désarroi. Est-il possible que l’homme qu’elle aime tant, décide de la quitter du jour au lendemain à la suite d’un non respect d’une condition du contrat de mariage ? Et les sentiments dans tout cela ? Où est l’amour que Yoshitaka Moshiba est censé avoir pour elle ?

Ayané est stupéfaite et a du mal accepter les paroles de son époux. Mais Yoshitaka est clair et il ne reviendra pas sur sa décision, d’autant plus qu’il lui annonce sa rencontre avec une autre jeune femme.

Yoshitaka omit de préciser à son épouse que sa nouvelle conquête n’est autre que l’assistante d’Ayané, Hiromi. Hiromi travaille depuis trois ans dans la réalisation de Patchwork avec Ayané qui devient mondialement connue grâce à ses réalisations.  Et il néglige également de dire qu’elle est enceinte…

Le lendemain de l’annonce de la séparation, Ayané décide d’aller rendre visite à ses parents qu’elle n’a plus vus depuis longtemps. Yoshitaka en profitera pour demander à sa nouvelle compagne de le rejoindre à son domicile. Le lendemain matin, ils prendront ensemble leur dernier café…

Hiromi était censée rejoindre Yoshitaka dans la soirée mais celui-ci donnant aucune nouvelle. Elle s’inquiète et décide de se rendre au domicile… Elle trouvera le corps sans vie de son amant, une tasse de café à la main.

Le pronostic est rapide, Yoshitaka est mort d’un empoisonnement à la suite de l’absorption de son café.

Toute l’intrigue va se centrer sur la machine à café et le moyen dont a eu lieu l’empoisonnement. Les enquêteurs, Kusagani et sa collègue Kaoru Utsumi, se voient confier l’affaire. Les premiers soupçons se porteront sur Hiromi qui est la dernière personne à avoir vu vivant Yoshitaka. Viendra ensuite le tour d’Ayané. Cette veuve déplorée avait toutes les raisons d’en vouloir à son mari… Seulement, Kusagani aura du mal à tenir son objectivité devant le charme d’Ayané. Les avis seront divergents quant à l’assassin potentiel.

Dans ce dernier roman, de Keigo Higashino, il n’y a pas de grands frissons, ni de grands suspens. L’auteur cherche à amener le lecteur à se positionner quant au véritable coupable. Le travail d’écriture consistera en grande partie à savoir comment l’assassin a procédé au meurtre de Yoshitaka et non à la traque absolue du meurtrier. Il y aura donc tout un travail de recherche d’enquête avec un processus déductif où aucun indice ne sera laissé de coté.

Keigo Higashino réalise une œuvre accessible et invite le lecteur à prendre part à la reconstitution des faits. Le rythme est soutenu, mélangeant incertitudes et questionnements. La réalité des faits amène le lecteur à une proximité avec l’enquête relançant ainsi l’intérêt pour celle-ci.

L’auteur signe un roman tout en finesse qui nous emmènera dans les mœurs japonaises.

Ce roman a obtenu en 2005 le prix Naoki, l’un des plus prestigieux au Japon.

Un café maison, Keigo Higashino, 256 p., Actes Noirs d’Actes Sud

Stellina Huvenne