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Théâtre La Cantatrice Chauve aux Martyrs

Publié par Elodie Kempenaer, le 15 mai 2012

La Cantatrice Chauve de Ionesco est encore au programme à l’école on dirait.
Une foule de jeunes gens bruyants.
Moi assis bien devant, je redoute déjà les réflexions qui sortiront de leurs bouches.
Je ne présente pas la première pièce de notre bon Eugène, juste quelques lignes pour remettre l’histoire en tête.
Les Smith, dans leur intérieur anglais, discute de choses et d’autres anglaises et l’horloge anglaise sonne 9h du soir anglaise. La bonne anglaise fait son entrée.
Un couple d’amis anglais, les Martin arrive.
Le capitaine des pompiers anglais viendra plus tard.

Voilà. C’est tout.
Tout parce que l’absurde, c’est difficile à raconter, surtout pour moi, si on veut dire l’important sans partir dans le détail.
Je me souviens de la lecture de cette pièce qui m’avait fait rire. L’absurde à l’écrit m’amuse toujours beaucoup.
Je redoutais le passage au visuel. Ayant été déjà quelques fois déçue de ce passage.

Soit.

Rentrons dans le vif du sujet.
Premièrement, le texte est resté fidèle à celui d’Ionesco. Mon amie me le confirme car je n’aurais pu en être sûre seule.
Deuxièmement, c’est bien ce que je craignais, l’absurde au théâtre c’est souvent un pari risqué.
Pendant une bonne grosse demi-heure voir un peu plus, je patauge et n’arrive pas à rentrer dans la pièce et dans cet humour décalé. Ce qui sur papier me ferait éclater de rire, me donne juste envie de sortir de la salle pour rejoindre mon lit et dormir.
Par contre, on dirait que nos jeunes gens apprécient.
Ca rit, ca murmure, ca fait des remarques un peu mal placées sur la Madame Smith en nuisette.
Mais…finalement, la sauce prend. Je ne sais pas très bien où. Mais le tout fini par décoller.
Bon, la mise en scène a pris le parti d’exagérer au possible le jeu d’acteur et de tourner à fesses toutes répliques un peu ambigües. Spécialement à l’arrivée du capitaine des pompiers qui cherche un feu anglais, important, à éteindre (Voulez-vous un dessin ?).

L’absurde me devient abordable, je rentre dedans et je ris de bon cœur.

Et j’applaudis la superbe fin. Le metteur en scène, Daniel Scahaise, prend quelques libertés avec celle-ci pour nous en proposer des alternatives. Comme dans les bonus Dvd’s.
Excellent choix qui même s’il détourne la fin originel (pour mieux y revenir par après) permet de donner un grand coup de boost à cette pièce. Le côté un peu mou du début parfaitement contrebalancé par la drôlerie de cette fin.
Retenons cette réplique « Un auteur de théâtre se doit d’insulter son public…bande de c** »

Oui oui, sous ses airs de grand n’importe quoi, on peut y lire deux trois réflexions sur le but du théâtre, sur son intérêt, sur son côté élitiste… pas mal tout ça.

Hasard mais après les Cabots Magnifiques où le spectateur était pris à parti, voici la Cantatrice Chauve. J’aime de plus en plus cette façon de faire. Beau moyen de dépoussiérer la scène. Mais il ne faudrait pas en abuser.
Conclusion, la Cantatrice Chauve reste une bonne pièce qui plaira au féru d’absurde et à tout ceux qui ont l’esprit ouvert ou qui sont simplement fan de Ionesco.

Elodie Kempenaer