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Littérature Laura Kasischke : Les Revenants

Publié par Marc Bailly, le 26 novembre 2011

Le titre français du dernier livre de Laura Kasischke porte bien son nom. Cependant, heureusement pour elle comme pour nous, ce livre ne se résume pas à une banale histoire de morts-vivants. Non, il est bien plus que cela.

Sans tomber dans les travers du romantisme facile, Kasischke évoque dans « Les Revenants » les bons et les mauvais côtés de l’amour. Coups de foudre, amourettes adolescentaires, pudeur, sexe, homosexualité, jalousie, rivalités, manipulation, effet de groupe, tout y est.  En mêlant ce sentimentalisme à ce sujet si controversé qu’est la mort, Kasischke décrit en détail – mais sans en faire trop – les relations humaines. L’amitié qui peut naître entre deux êtres que tout tendait de prime abord à opposer ; la façon dont une fille qui avait tout pour elle peut devenir l’ombre d’elle-même lorsqu’elle intègre enfin le groupe le plus convoité de l’université, l’intimité des relations qui peuvent se créer entre les étudiants et les professeurs ; bref, elle ne fait rien de plus que relater ce qui existe en ce bas monde, mais elle le fait bien.

Néanmoins, au fur et à mesure que l’on tourne les pages du livre, insidieusement, tout comme certains des protagonistes de l’histoire, on commence, nous aussi, à croire à l’existence des revenants, à l’existence de l’Amour avec un grand « a », celui qui vous permet de ressentir l’influence de votre bien-aimé même des années après son trépas.

Sur fond d’une histoire sombre, mystérieuse et ambiguë, l’auteure évite également de tomber dans l’investigation policière banale. Même si, tout comme les protagonistes, on meurt d’envie de savoir ce qu’il en est, l’accent n’est pas mis sur la recherche de preuve ou sur le caractère illégal de certaines actions ; l’intrigue dépasse l’idée même de la Justice.

Parce qu’à travers tout cela, Kasischke parvient à traiter superbement du deuil et de la perte comme sujets centraux, au lieu de s’appeler « Les Revenants », ce livre – dont le titre original est The Raising – aurait tout aussi bien pu se nommer « Acceptation », « La vie après la mort » ou encore, plus sobrement, « Deuils ».

Laura Kasischke, Les Revenants, 2011, Christian Bourgeois Editeur

Yvan Padourek