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Cinéma Le drame de l’acteur motion capturisé.

Publié par Elodie Kempenaer, le 9 janvier 2012

© Metropolitan FilmExport

Ce n’est déjà pas une mince affaire de se faire reconnaître en tant qu’acteur, encore moins d’obtenir un prix.

Mais ce n’est rien comparé au drame absolu, à la frustration que ressent l’acteur qui a mis tout son cœur et son corps à se faire capturiser pour les noisettes du pape.

Dans la catégorie « acteur pas de bol », je nomme et vous présente Andy Serkis.

Andy Serkis est cet acteur britannique qui a fait des étincelles dans le rôle de Gollum. Ensuite, il remettra le couvert en interprétant le gros gorille géant de King Kong, puis encore dans la peau poilue du singe César de La planète des singes: origine puis le rôle du Capitaine Haddock dans le très médiatisé Tintin.

Pour Gollum, on aurait pu lui décerner un golden globe, un césar, une palme d’or, un ours d’argent, une étoile en chocolat, bref, on aurait pu le récompenser pour ses 4 ans ( il  endosse de nouveau le justaucorps noir pour Bilbo le Hobbit) de bons et loyaux et éreintants services mais non. On lui a fait la tête du côté des Oscars avant qu’en 2004 un Empire Award lui soit tout de même décerné.

Moi petite ignorante, je suis allée voir de plus près en quoi consistait la Motion Capture ( en anglais parce que c’est plus mieux) et voici ce que j’en ressors; on doit la captation de mouvement à Étienne-Jules Marey qui inventa cette technique sous le nom très grec ancien de Chronophotographie. A la base, ce procédé est mis en place pour le corps médical. Une personne lambda enfile un magnifique justaucorps de danseur noir rehaussé de petites loupiotes qui vont capter chaque mouvement du corps. Chaque mouvement va être renvoyé en temps réel vers d’autres systèmes avant d’être intégré à un univers virtuel.
Ce procédé ouvre une infinité de possibilités pour le monde du cinéma qui ne tarde pas à s’en emparer.

C’est ainsi qu’on en arrive à un Gollum fabuleux.

Il est clair que ce procédé n’est pas un cadeau pour les pauvres acteurs qui suent des litres et des litres et qui ne sont pas reconnus.

Serkis pour sa prestation en tant que César ( moi, il m’a époustouflé l’épiderme en tout cas) n’aura peut être pas droit à l’Oscar . Ce refus des Oscars soulève quelques questions fortes intéressantes.

Où commence et où s’arrête le jeu d’acteur?
La Motion Capture déshumanise-t-elle le personnage?
Le septième art doit-il penser à créer une nouvelle catégorie pour cela?
Doit-on se demander si Andy Serkis n’a pas le fétichisme des combinaisons noires?

Je vous laisse à vos réflexions.
De mon côté, j’attendrai avec impatience sa nouvelle performance dans Bilbo The Hobbit.

Elodie Kempenaer