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Littérature L’élève Ducobu, de la plume à l’écran et inversement

Publié par Rédacteur, le 25 avril 2012

Ducobu, le cancre est partout !

Depuis ses premières apparitions en 1992 dans Tremplin, le magazine pour jeunes que beaucoup ont découvert sur les bancs de l’école, Ducobu le cancre le plus connu de Belgique a fait du chemin. Chaque album se vend à près de 150 000 exemplaires. Ceux-ci sont également très prisés par le corps professoral qui y trouve une grande valeur éducative. Cette année est encore très remarquable pour les fans de l’ado aux rayures jaunes et noires car ce n’est rien de plus qu’un film et un nouvel album que le jeune public (mais ne mentez pas, les autres aussi !) va avoir la chance de découvrir. Tout d’abord, la bande dessinée avec les talentueux et incontournables Zidrou et Godi aux commandes. Un condensé de gags et de découvertes qui feront toujours autant rire petits et grands. Mais ces planches n’ont pas laissé le cinéma indifférent qui en a profité pour en retirer deux longs métrages, dont le second sort aujourd’hui. Le film est fidèle à la BD et la BD, une première, s’inspire aussi du film. Zidrou et Godi vont utiliser le personnage de Mlle Râteau, qu’ils ont adoré, pour agrémenter les aventures de Ducobu. En tout cas, nous avons été conquis par cette BD qui a bercé notre enfance, notre adolescence et maintenant, notre vie adulte. Et comme nous souhaitons que vous sachiez tout sur ces deux sorties communes, je vous laisse aussi le plaisir de découvrir la critique du film !

L’élève Ducobu révise un max ! par Godi et Zidrou, Tome 18, Le Lombard, 2012


Les Vacances de Ducobu de Philippe de Chauveron

Genre : Comédie

Avec Elie Semoun, François Viette, Joséphine de Meaux, Juliette Chappey, Pierre-François Martin-Laval, Helena Noguerra

Les Vacances de Ducobu, un film pour petits et pour les … un tout petit peu plus grands

Dans les suites, on prend les mêmes et on recommence. Cela aurait pu être l’adage de ce nouvel opus tiré de la bande dessinée à succès L’élève Ducobu. Pourtant, quelques points diffèrent par rapport au premier épisode qui était, lui, plus fidèle à l’esprit de l’œuvre de Zidrou. Ce film n’est pas une révélation en soi ni un chef d’œuvre du genre mais a le mérite de ses propres ambitions : divertir un public jeune par un humour potache et simpliste dont les enfants raffolent.

Pour cette suite, direction la côte, la mer et les vacances. Un univers inconnu pour les fans du petit écolier. En effet, le réalisateur a pris le pari un peu risqué de sortir l’histoire de son contexte et de son décor habituel que constitue le milieu scolaire. Ce choix s’est fait par la volonté de s’écarter très légèrement du monde de la bande dessinée et de prendre certaines libertés scénaristiques afin de ne pas lasser le spectateur. Heureusement, ce pari est gagné car l’histoire suit son cours sans trop d’illogisme.

Cependant, certains détails sont un peu décevants. De fait, l’histoire s’axe davantage vers le couple Potache – Latouche plutôt que sur le duo Ducobu – Gratin. Une désorientation un peu désagréable semblant migrer l’intérêt du film vers un public plus âgé. Les blagues et autres quolibets de nos jeunes bambins semblent passer au second plan face aux péripéties amoureuses de nos deux tourtereaux maladroits. Dommage.

Néanmoins, le reste de l’histoire est plaisante même si elle manque quelques fois d’originalité. En mêlant intrigue facile, amour malhabile, disputes gentilles et vacances, Philippe de Chauveron nous a concocté un récit agréable à suivre. Celui-ci nous balance entre tous les stéréotypes du genre et est agrémenté d’un fond de gentillesse qui plaira aux plus jeunes d’entre nous.

Côté casting, deux nouvelles têtes ont remplacé les anciennes. En premier lieu, Ducobu lui-même est remplacé. Vincent Claude laisse sa place à François Viette. Ce nouvel acteur n’est pas mauvais mais n’a pas le charisme de son prédécesseur. Plus effacé mais surtout moins convaincant dans le rôle du cancre, il n’arrive pas à faire ressortir son personnage au profit de celui de Léonie, interprété magistralement par une Juliette Chapey au sommet de sa forme. Le deuxième absent de cette suite n’est autre que Bruno Podalydès qui incarnait le père de Ducobu. Le nom de son substitut est Pierre-François Martin-Laval alias PEF. Contrairement au personnage de Ducobu qui semble avoir perdu de son aura, celui du père prend ici une place considérable à l’écran et est bien plus en phase avec l’esprit de la bd. Et pour cause, la douce aliénation dramaturgique de Pef sied parfaitement au personnage du père qui est tout sauf un génie et un homme responsable. Surjouant à certains instants, il reste néanmoins la meilleure trouvaille de ce second volet. Hormis ces deux nouveaux, nous nous devions de nous attarder sur la prestation d’Elie Semoun. Bien entendu, il reste un incontournable de la saga, mais une chose nous a réellement dérangé : son transformisme pour incarner la mère de monsieur Latouche. Le transformisme au cinéma a connu un essor grandissant avec les productions d’outre atlantique qu’étaient Le professeur Foldingue ou encore Big Mamma. Mais ces originalités techniques ont fait leur temps comme le prouve les échecs récents du style : Big Mamma de père en fils et le très médiocre Jack et Julie, film qui a d’ailleurs remporté tous les prix mis en jeu aux derniers Razzie Awards (prix qui récompense le pire du cinéma).

En résumé, ce film est une production gentille mais trop banale pour séduire le public adulte. Par de petits jeux d’humour, le réalisateur a cependant réussi à atteindre son objectif : captiver les enfants. Dotée de tous les poncifs du genre mais bien construite, cette suite est à voir en famille afin de se donner un avant-goût des grandes vacances.

Loïc Smars et Matthieu Matthys