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Théâtre L’enfant poussé tordu

Publié par Loïc Smars, le 6 décembre 2011

avec Adriana Da Fonseca, Laurent Micheli, Séverine Porzio, Anne Catherine Regniers et Viviane Thiébaud

du collectif On voit ta culotte Madame Véro

à l’atelier 210

Cinq gamins partent au fond d’eux mêmes, dans une virée surréaliste à la recherche de leur propre éducation. Ces petits guerriers ont choisi d’affronter leurs peurs, leurs fantasmes et leur devenir avec pour seule arme l’expression brute et indisciplinée de leur imagination.

L’enfance, monde merveilleux et thème universel, est repris, façonné, interprété, ici par 5 comédiens assez surprenants. Au lever de rideaux, notre regard se tourne sur le décor et sur cette scène remplie de mille objets aussi divers et variés. On sent qu’on va en prendre plein les yeux. Et c’est effectivement le cas. Entre un mélange de matières, une rythmique intensive, un esprit de cirque, il en devient difficile de trouver l’intrigue de cette pièce.

Effectivement, c’est le point négatif de ce collectif. On cherche dès le départ à trouver des liens, des explications à ce que l’on peut voir, puis on finit par lâcher prise et on admire la performance des comédiens et le boulot mis en place d’un point de vue scénographique. Ils vont dans des registres assez déconcertants que l’on a rarement l’occasion de voir sur scène. Ils se dépensent, se dévoilent, passent par beaucoup d’émotions en même temps, et rien que pour ça, cette pièce vaut le coup d’oeil.

On ressort de la salle avec plein de questions en tête. On se rend compte qu’il y a énormément de sujets abordés : l’enfance, bien sûr, qui n’est toutefois pas aussi présente que ce que l’on aurait pu penser, la mort, la violence, la folie, l’amour, le sexe, la nature et plus on réfléchit, plus on en trouve. Cette pièce donne matière à réflexion et permet l’échange à la sortie de la représentation. Il faut le temps de la digérer. Elle a même un côté pas très rangé, limite bordélique, mais qui s’inscrit dans la continuité de l’enfance et de toutes ses questions.

A conseiller si vous aimez les performances, les pièces un peu conceptuelles et si vous êtes admiratifs du travail d’un comédien.

Caroline Champion.