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François Staal

Publié par Loïc Smars, le 4 décembre 2011

« Canyon » n’est pas, à proprement parlé, le genre de cd que je passerais chez moi un soir d’hiver ou un matin de déprime, pas même pour une déprime qui a du bol. Les rythmes sont lents, les sons sont lourds, comme un mauvais rock obscur, sombre.

Il y a, dans « Canyon », un petit quelque chose de Bashung, quelque chose dans la voix qui nous rappelle Alain, mais là où François Staal (puisque c’est de lui qu’il s’agit) se démarque de Bashung, c’est dans le style qu’il a choisi : un mélange de rock, pop, et quelques notes un peu Folk, comme un rappel aux Etats-Unis.

S’il est vrai que ce n’est pas vraiment mon style musical, je dois tout même rendre à François Staal ce qui lui appartient. Nous n’avons pas affaire à un novice, puisque l’homme travaille pour la télévision et le cinéma depuis près de 20 ans. La présentation du CD est bien réalisée, esthétiquement attrayante. Le CD est le fruit d’un vrai travail puisque nous avons tout de même 14 pistes. Le style est abouti et les textes sont ceux de l’interprète. Après, c’est une question de goût et de style.

Je pensais que le « dark style », c’est-à-dire cette attitude typiquement française d’être faussement « Rock » et de se faire passer pour rebelle tout étant dans le système, était passée de mode depuis la fin des années 90′.

Tout cela remet en question la question de la lutte, du dégoût de soi et des hommes, de la volonté de rester sombre dans un monde qui est sans cesse en mouvement. Est ce que tout est vraiment perdu ? Est ce que la lutte est morte ? Doit-on encore être dans le silence et le noir pour être un rebelle ?

La liberté n’est-elle pas d’être dans la lumière ? La lutte n’est-elle pas de rester dans la lumière pour que celle-ci rejaillisse, au travers de nous, sur ceux que nous aimons, afin de toujours être en amour.

Que l’on y adhère ou non, le travail est tout de même là. Et, bien que François Staal reste du coté obscur de l’âme, on ne peut tout de même pas lui retirer une certaine poésie qui le rend attachant.

Mon avis : un CD très bien construit et parfaitement abouti, un homme qui maîtrise sa voix et son style, une poésie « Baudelerienne » qui garde de son charme. Un CD et un artiste qui valent le détour. Seule petite prescription pour ceux qui auraient tendance à en écouter trop : l’écoute ne doit jamais aller au-delà d’une heure, au risque de dépression.

Petit conseil pour François : « Tu sais, la vie est aussi faite de couleurs, ne te contente pas de l’absence de mouvement et sors des ténèbres, car si le style est « Cool », n’est-il pas passé de mode ? Mais soyons d’accord, on ne fait pas de l’art pour être a la mode. »

PDMJ