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Cinéma Les Magrittes du cinéma, une cérémonie qui a de la gueule !

Publié par Loïc Smars, le 5 février 2012

Hier avait lieu, pour la deuxième fois, les Magrittes du cinéma. Depuis l’année passée, la Belgique a enfin sa cérémonie du 7ème art au Square, sur le Mont des Arts à Bruxelles. Géré par l’Académie André Delvaux, académie nommée ainsi en hommage au réalisateur mythique belge. N’ayant pas envie de faire de politique, je passerais rapidement sur les polémiques communautaires et les polémiques sur des nominations tournant trop souvent autour d’un microcosme du cinéma belge, en en oubliant certains. Je passe rapidement sur ces polémiques car je veux défendre un projet qui a enfin le mérite d’exister : enfin promouvoir et respecter son propre cinéma en Belgique !

Après la victoire incontestée de Jaco Van Dormael lors de la précédente édition, les favoris de cette année était « Le Gamin au Vélo » ou « Les géants » ou encore le très côté « Rundskop » en route peu après pour les oscars, en tant que meilleur film étranger.

Vos deux rédacteurs en chef, ont assisté à la cérémonie en salle de presse, histoire d’approcher deux près les acteurs de cet évènement et de tâter l’ambiance que peut avoir un tel évènement pouvant vite devenir pompeux.

On remarquera tout d’abord la manifestation calme et symbolique des intermittents du spectacle aux abords du tapis bleu, grâce à la fameuse pomme de Magritte. Manifestation qui se retrouvera aussi dans l’enceinte de la cérémonie. Promouvant petits et grands artistes, nous ne pouvons qu’applaudir cette cause mais surtout la manière de faire : ne pas gâcher la fête tout en affirmant sa cause ! Plusieurs artistes présent à la cérémonie avait d’ailleurs leur pomme pour descendre les marches et montrer leur solidarité au mouvement.

On remarquera aussi l’humour de Charlie Dupont disant que seul les belges organisent des cérémonies en hiver, Jonathan Zaccaï que chez nous on descend le tapis plutôt que de le monter, les cheveux gris de Yolande Moreau resplendissante, la coiffure très originale de Nathacha Régnier ou de Stéphane de Groodt pariant sur la victoire d’un homme pour le prix du meilleur acteur et d’une femme pour le prix de la meilleure actrice. Le jeune héros du « Gamin au vélo », malgré qu’un peu stressé, arriva seul à la cérémonie et assura au jeu de l’interview. « Je gère », dit Thomas Bordet. Il gèrera aussi pour le premier prix !

©Philippe BUISSIN / IMAGELLAN

Les gens s’installent dans le Golden Hall, décor impeccable pour la cérémonie et très vite les prix vont défiler, parsemé de sketchs plus ou moins réussis et plus ou moins drôles. Premier gagnant de la soirée : Thomas Bordet pour son interprétation incroyable dans le film des frères Dardenne, reçoit le prix du meilleur espoir masculin. Erika Sainte, pour « Elle ne pleure pas, elle chante », sera sacrée meilleur espoir féminin.

Ensuite vienne les prix techniques, avec à la meilleur image pour « Les Géants » ou le meilleur montage pour « Rundskop » pour commencer. Le son sera pour « La fée » et la musique sera donnée à Bram Van Parys pour « Les géants ». Les costumes de « La fée » ou les décors de « Quartier Lointain » seront aussi récompensés. Le scénario reviendra lui à Michaël Roskam pour encore « Rundskop ».

Cette année, l’académie André Delvaux, récompense et invite deux stars françaises : Bertrand Tavernier, cultisme réalisateur est appelé à prendre la succession de Jaco Van Dormael à la présidence de la cérémonie. Mais le plus marquant est le prix d’honneur remis à la grande Nathalie Baye pour sa carrière. Ils clameront tous les deux leur amour du cinéma belge. L’inspiration qu’y a puisée Tavernier ou le beau rôle dans « Les liaisons pornographiques » du réalisateur belge Frédéric Fonteyne pour Nathalie Baye.

« Dimanches » de Valéry Rosier, LoveMEATender comme documentaire, Jérémy Renier au second rôle masculin et Gwen Berrou pour le féminin, « Les émotifs anonymes » reçoive  le prix du meilleur film étranger en coproduction et citons aussi encore « Rundskop », meilleur film flamand en coproduction.
« Les géants » remporteront deux des pris principaux : meilleur film et meilleur réalisateur pour Bouli Lanners. Lubna Azabal décrochera le prix de la meilleure actrice, tandis que le meilleur acteur est Matthias Schoenaerts pour désormais la révélation de cette année : « Rundskop ». Sans oublié, le prix Ciné-Télé Revue et la personnalité cinématographique belge du public gagné par une Virginie Elfira qui commis la bourde de dire : « C’est tout à fait surréaliste, c’est même incongru! Ça récompense quoi exactement? Rien! Je suis très heureuse d’avoir un prix qui ne récompense rien ».

©Philippe BUISSIN / IMAGELLAN

Deux heures plus tout est fini, tout est décerné. Ce qui est probablement le plus étrange, c’est que contrairement aux cérémonies étrangères, tout ici va vite, aucun spectacle musicale ne coupe la cérémonie qui décernera prix sur prix jusqu’au final et la traditionnelle photos de groupe. Après les photos, conférences de presse, interviews et repos des invités du soir, tout le monde se retrouvera pour une soirée d’anthologie. Mais ceci est une autre histoire …

Pour résumer le tout, nous pouvons dire que malgré les polémiques et une organisation pas encore rodée, les Magrittes du cinéma est une cérémonie qui a de la gueule. Mais surtout une cérémonie qui était attendue depuis des années et qui permettra de faire connaître un cinéma belge parfois sous-estimé dans son propre pays. Nous espèrerons juste pour la suite, que sera organisée une cérémonie toujours plus surréaliste, une cérémonie ne devant pas forcément ressembler à celles organisées dans les autres pays.

©Philippe BUISSIN / IMAGELLAN

Loïc Smars