Sortie cinéma, actualité théâtre, sortie BD, festival de musique | » Amélie Nothomb sort « Le comte de Neville » : un livre indigeste

Littérature Amélie Nothomb sort « Le comte de Neville » : un livre indigeste

Publié par Luigi, le 12 septembre 2015

Le crime

/
par Amélie Nothomb

Dessins : /

Edité par : Albin Michel

Date de parution : 20 août 2015

Synopsis :
Henri Comte de Neville retrouve sa fille Sérieuse chez une voyante qui lui annonce que, lors de la garden-party qu’il organise annuellement au château de Pluvier, il sera amené à commettre un crime à l’encontre d’un de ses invités. Qui aura la tête coupée ?

On a encore failli se faire avoir ! « Le crime du comte Neville » : cela semblait pourtant alléchant comme titre. De même que la citation sur la quatrième de couverture : « Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. »

Et c’est bien pour ça que le pardon semble plus difficile. Après avoir promis, Amélie Nothomb nous déçoit une nouvelle fois. Narrativement, informativement et même déjà dans son argumentaire promotionnel. Rien de ce qu’elle pourra dire ne peut rattraper cet énorme point d’interrogation que reste « Le crime du comte Neville ».

Avec la baronne des Belges, plus c’est court, plus c’est indigeste

Le pitch de son éditeur ? Sur le site officiel, il n’y en a pas. Le mystère bien gardé alors que la recette est éculée depuis longtemps.

Alors allons-y de nous-même… Monsieur Neville, aristocrate belge, se rapproche de la date de son annuelle garden-party. Il y aura du beau monde. Mais il est très nerveux depuis qu’une diseuse de bonne aventure lui a prédit qu’il allait assassiner quelqu’un durant cette fête. Qui ? Sa propre fille peut-être ? Celle-ci souhaite en effet écourter sa vie et lui demande d’exaucer son souhait pour ne pas avoir à tuer accidentellement quelqu’un lors de la fameuse fête. Mais que va en penser son éblouissante épouse ?

Oui car on en est encore là en 2015 avec Amélie Nothomb : beauté stupéfiante, problèmes alimentaires (mais on ne sait plus trop chez qui tellement ça nous a marqué), aristocratie, etc. Je pense même que cela parle aussi un peu de champagne… comme dans dix autres de ses romans.

Ce fin roman peut très bien se lire en une heure mais là est le paradoxe : plus les romans de la nouvelle baronne des Belges sont courts, plus ils sont indigestes.

Dans cette cuvée 2015, les dialogues sont inintéressants, les personnages trop lisses, pas assez fouillés et l’impression de déjà-vu transpire à chaque page. Amélie Nothomb ne fait que remplir le même cahier des charges bizarrement encensé depuis des années par bien des acteurs de la presse hexagonale.

Mademoiselle Amélie, il est temps de se renouveler

Cet article provoquera peut-être une levée de boucliers et relancera le débat trop bien connu du : « doit-on forcément chercher à se renouveler au bout de vingt ans d’existence médiatique ? ». Eh bien, pour ma part, je choisis le camp du « oui ».

La raison principale ? Une personnalité artistique ne doit pas produire comme à l’usine et on sent que c’est le cas de mademoiselle Nothomb qui rejette publiquement la faute sur son éditeur.

Alors il est vrai que c’est tentant de vendre (et bien qui plus est !) chaque année un nouvel opuscule pour maintenir un certain train de vie mais l’image et l’honneur en prennent un coup. Encore plus lorsque les loufoqueries médiatiques sont les mêmes d’une année à l’autre.

Pour cela, regardons-tous la rentrée prochaine de « La Grande Librairie » sur France 5. Amélie a plus d’un tour dans son chapeau pour laisser François Busnel assez coi. Lui qui, il y a deux ans, lui demandait pourquoi ses couvertures de roman étaient toujours illustrées par sa bobine et pourquoi elle tenait tant à publier une œuvre à chaque rentrée littéraire.

Devenue personnage médiatique plus qu’auteur talentueuse

Et à la sortie du roman de son enveloppe « papier à bulles », le premier réflexe de l’auteur de cet article fut de s’écrier : « Mais ce roman est plus léger que les autres ». Impression qu’Amélie est allée à l’essentiel renforcée par la police certainement agrandie par le responsable mise en page des éditions Albin Michel.

Mademoiselle Nothomb serait-elle meilleure dans l’écriture de nouvelles ? Devrait-elle songer à ne publier qu’un recueil qu’une fois tous les deux ans ? Oui, sans aucun doute. Mais cela suggère moins de présence médiatique.

Et les médias et Amélie aiment tant se renvoyer la balle depuis des années. Tant d’autres auteurs méritent d’être mis en avant quand chaque nouvelle sortie de la Belge se classe en une semaine n°1 des ventes. Son noyau dur d’admirateurs la suit depuis des années et connaissent désormais par cœur les dates de sortie de ses nouveaux romans des mois à l’avance. À quoi bon se soumettre à des tas de questionnaires ?

Devenue personnage médiatique plus qu’auteur talentueuse (ce qui, attention, n’a pas toujours été le cas), Amélie Nothomb a, avec ce crime orchestré, définitivement cassé la corde. « Le crime du Comte Neville » ? Plutôt celui de « la baronne Nothomb », oui.