Dalida, 30 ans après, vue par une maître-assisante de la Sorbonne : émouvant et complet

Publié par , le 1 mai 2017

Dalida

Ce 3 mai 2017, à 11h exactement, nous fêterons le trentième anniversaire de la disparition d’une grande icône : Dalida.

Six mois avant, le 3 novembre 2016, Plon a réédité « la seule biographie officielle » pour laquelle Orlando, son frère/producteur/manager/chargé de communication, a confié ses notes, ses journaux intimes, ses pensées, sa profondeur. Femme de lettres, romancière, membre de la Sorbonne, Catherine Rihoit se fait conteuse pour mieux nous faire pénétrer l’âme de Dalida.

Secrets dévoilés

De la lumière des lasers à l’obscurité sourde de sa grande maison de Montmartre les dernières années – ainsi que celles des coulisses – rien ne nous est épargné. On apprend comment Dalida gardait ce corps de rêve, comment elle avait peur de vieillir et comment, au fil des suicides ayant jalonné sa vie, elle a fini par trouver la mort esthétique et attirante.

On entre également dans les détails de sa vie intime. Comme chez la plupart des grandes stars féminines, la sexualité n’est pas essentielle. Le plus important, c’est de fasciner. La séduction, c’est le côté Dalida. L’amour aussi. Il fut la grande quête de sa vie, une quête qui paraît inachevée lorsqu’on termine l’ultime page, la 500ème, de cet ouvrage indispensable pour tout fan qui se respecte.

Les questions du temps

Celle qui demeure encore une des grandes fiancées des Français se révèle d’un magnifique tempérament, d’une grande élégance et d’une sensibilité fine (rare aussi) au fil des pages. Avec sa volonté de tout accomplir, Dalida a fini par se perdre et par repasser, inlassablement, le fil de sa vie. A-t-elle tout fait dans le désordre de ses envies et de ses émotions ? Pouvait-elle encore artistiquement survivre en étant reine du disco et des grands shows ? A-t-elle mal choisi ses amoureux ?

On suit Dalida pas, à pas, chaque semaine de sa vie y est fidèlement décrite. On a tout de suite l’impression de vérité. Catherine Rihoit l’observe, comme une sœur ou une mère aimante. Son écriture délicate, rusée, aboutie est un ravissement. On y admire la soif d’absolu de la vedette, la relecture de ses chansons si bien choisies alors qu’elle n’écrivait rien, ses moments de complicité avec ses amis ou les gens à son service (son frère, sa cousine, son personnel, son habilleuse). Une femme entière en amour comme en amitié. Une lecture inspirante de celle qui est entrée dans la légende et qui continue d’évoquer tant de bons souvenirs.

Une icône encore pertinente

Mais comment la projeter dans l’avenir ? Tout simplement en regardant la trouble actualité, les crispations identitaires du moment, la sinistrose et les droits féminins menacés. A force de vouloir conquérir l’absolu, on voudrait nous freiner. Qu’en aurait pensé Dalida qui savait humer le temps et l’avenir ?

 

Luigi Lattuca

Evaluez cet article :
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (No Ratings Yet)
Loading...