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Littérature « Le Mépris Civilisé » : Carlo Strenger distingue Esprits des Lumières et politiquement correct

Publié par Luigi, le 6 mai 2016

Le mépris civilisé

par Carlo Strenger

Edité par : Belfond

Date de parution : Janvier 2016

Synopsis :
Le 7 janvier 2015, les valeurs de nos sociétés occidentales ont été bafouées. Le traumatisme, ravivé par les attentats du 13 novembre à Paris, est toujours aussi vif, mais en débattre n'a jamais été aussi délicat. Car si critiquer les croyances qui nourrissent le terrorisme, c'est risquer d'être perçu comme intolérant ou raciste, s'interdire de les critiquer, c'est être prisonnier du politiquement correct et, en fin de compte, risquer de faire le jeu des extrémismes de tous bords. Pour sortir de cette impasse et réagir avec discernement face aux attaques contre les libertés au coeur de nos démocraties, Carlo Strenger, philosophe, psychanalyste et membre du comité d'observation du terrorisme, crée un concept inédit : le mépris civilisé. « Je le définis comme une capacité à s'inscrire en faux contre des credo, des comportements et des valeurs, dès lors qu'ils nous apparaissent irrationnels, immoraux, incohérents ou inhumains. » Renouer avec la responsabilité de s'instruire, refuser d'amalgamer individu et idéologie, Le Mépris civilisé est un rappel indispensable des valeurs humanistes héritées des Lumières, un pamphlet d'une actualité brûlante, un outil indispensable pour oser mener un débat éclairé.

Quelle éthique pour le monde ? Et surtout sur nos cerveaux – car il dépend beaucoup de notre manière de le voir, de le penser ? Pour le philosophe de Carlo Strenger, n’ayant pas tous les droits là où il vit, à Tel Aviv, tout cela est assez éthique et pas que technique. Comment soutenir dans la durée l’assurance de notre esprit critique ?

Après avoir éclairci les notions d’éthique/morale et pointé les dérives du politiquement correct, l’auteur définit l’éthique citoyenne comme l’étude de chaque idée sous le prisme de la rationalité. Comme une éthique du devoir qui requiert plusieurs vertus comme le tact, le respect de chaque vie, le sens de la justice et la sollicitude.

Pour illustrer ses propos, l’auteur utilise bien sûr plusieurs exemples, comme des parcours de formation à l’Esprit des Lumières, qui fonctionnait sur le principe de critique toujours disponible dans les règles du quotidien. Une analyse montrant, à partir de cas concrets, la complexité des situations et les difficultés que nous rencontrons, nous, acteurs de l’existence. La vie est une articulation permanente, toutes les idées ne se valent pas (sinon il faudrait aussi respecter les plus extrémistes).

Une lecture édifiante, brillante et pas dénuée de sens. A se procurer d’urgence ! Le cerveau en ressort boosté.

 

Luigi Lattuca