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Théâtre Minutes Opportunes à la Maison de la Culture de Tournai

Publié par Rédacteur, le 22 janvier 2012

© Sergine Laloux

C’est plus par curiosité que par réel intérêt pour la pièce ou l’auteure (je ne
connaissais ni l’une ni l’autre) que je me suis rendu à la Maison de la Culture de
Tournai pour aller voir ce spectacle. Cependant, la curiosité fut cette fois une qualité
très appréciable.

En 3 mots: tout y est. D’abord, le spectateur est pris dans le vif du sujet dès le
départ. Les planches, entourées de murs entièrement blancs et meublées d’une table,
d’une chaise et d’une cage à perroquet, laisse apparaître dans la première scène un
homme qui, après quelques ronds de mains avec le téléphone, disparaît aussitôt pour
revenir le cadavre d’un autre homme sur l‘épaule. Il semble filer le crime parfait.
Ainsi est-on plongé dans l’univers qui va régner sur toute l’oeuvre. Un univers qui se
voulait digne d’Hitchcock; pari réussi! Et le plus surprenant est d’arriver à intégrer
dans cet univers bien connu des musiques de Jean-Sébastien Bach, entre autres.
La bande sonore continue tout au long de la pièce, les acteurs ne parlent jamais.
Ça en fait d’ailleurs l’un des points forts. Une bande magistrale qui dure 1h10 mais
qui ne lasse jamais. Parfaitement en accord avec la noirceur de l‘oeuvre, elle passe
d’une musique à l’autre, d’un son à l’autre avec une fluidité et une musicalité
impressionnante.

Cependant, malgré la formidable qualité de cet arrière-plan sonore et l’excellente
mise en scène (tous les objets sont intelligemment utilisés, retirés, replacés,
manipulés, l’espace scénique est utilisé au mieux), tout l’attrait de l’oeuvre réside dans
le somptueux talent des quatre acteurs, ou plutôt devrait-on dire danseurs. Ils font
usage de toute leur grâce, leur beauté, leur élégance et leur charisme pour nous
agripper à leur personnage. Les relations qu’ils font naître entre eux, appuyées par de
magnifiques chorégraphies que l’on doit à Michèle Noiret, évoluent au fil du temps:
ils s’invitent puis s’évitent, se désirent puis se haïssent, s’entraident puis se
combattent. Et le plus fort est de réussir à éveiller les mêmes émotions chez les
spectateurs. Trouver une personne aussi talentueuse paraît compliqué, en avoir trouvé
quatre relève du miracle.

Tout amateur de danse devrait tirer profit de quelques minutes vides pour aller
voir cette pièce, qui d’ailleurs nous montre que le temps peut paraître long ou pas,
lourd ou pas, nécessaire ou pas. Mais que dans tous les cas, il change le cours d’une
vie à chaque fois qu’il décide de frapper. Il faut donc en faire bon usage au risque de
passer à côté des plus importants et plus beaux moments de la vie.

Brian Dewilde