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Musique Moran, mammifère et poète

Publié par Rédacteur, le 2 mars 2012

Moran, mammifère et poète

L’artiste canadien nous revient avec un nouvel opus, « Mammifères », mélange de chansons torturées et rythmées, en anglais et en français… Dans cet album, Moran nous offre des textes poétiques et magnifiquement écrits. Chaque morceau est un réel délice pour les oreilles ! Cet artiste, à la voix grave et singulière, sait véritablement jouer avec les mots, écrire et chanter… En écoutant quelques titres de son album, on se laisse transporter et bercer par la musique.

S’il fallait lui donner un genre, ou cibler plus en détail sa musique, on pourrait dire qu’on y retrouve un certain désespoir à la Bashung, accompagné d’une mélodie à la Jeff Buckley, dans un univers à la Raphaël ou à Saez. Moran n’est pas un chanteur à minettes qui écrit de jolies chansons joyeuses. Sa voix le place tout de suite dans cette ligne de chanteurs, dépeignant la réalité tragique et sombre du monde.

C’est une réelle découverte, autant pour les oreilles que pour l’esprit. La découverte est encore plus forte lorsqu’on en apprend un peu plus sur son parcours. A 26 ans, alors qu’il traduit des chansons pour la rockeuse Angel Forest, il se fait remarquer par André Gagné. Ce dernier, fasciné par l’écriture et la musicalité du jeune homme, lui demande de réaliser l’album de la chanteuse. Lui, qui n’a jamais touché une guitare et qui ne chante même pas dans sa salle de bain aurait-il un talent quelconque ? Ses 30 ans et surtout le cadeau de ses amis, une guitare, vont permettre de pouvoir répondre à cette question. Pendant un an, il va s’enfermer pour apprendre à jouer et à chanter. Efforts qui vont payer puisqu’il gagnera son premier concours en 2005. Après tout s’enchaine, André Gagné, avec qui il a déjà collaboré, produit son premier album « Tabac », qui le fera connaitre dans son pays d’origine et lui permettra de récolter quelques prix.

Six ans plus tard, Moran revient avec un nouvel album « Mammifères » qui sort le 2 mars. On y retrouve sa passion pour les mots et les jeux qu’il en fait, sans rappeler un certain Léo Ferrer. Sa voix caressante sait les porter et nous entraine dans un univers, qui au final, même s’il rappelle d’autres artistes, n’appartient qu’à Moran, lui même. Une découverte surprenante qui saura surement vous séduire.

Elodie Deborgies