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Musique Aleph : La Pursuit de la célébrité à tout prix par Gesaffelstein.

Publié par Tanguy, le 29 octobre 2013

Gesaffelstein_aleph

Aleph
par Gesaffelstein

Date de sortie : 28 octobre 2013

Site web : http://www.gesaffelstein.com

Est-il encore nécessaire de présenter Gesaffelstein, surnommé aujourd’hui « prince de la techno » par la plupart des médias ( français) qui l’exhibent telle la nouvelle fierté nationale ? Après des collaborations avec Kanye West, et un remix dans la BO de GTA V, celui-ci est placé sous les projecteurs de manière intense et exagérée , le transformant en un produit du Star System.
Après deux singles, Pursuit et Hate or Glory, qui ne présageaient rien de bon de par leur production aseptisée, l’album tant attendu est arrivé. Libérant d’un seul coup toute la pression accumulée ces derniers mois. Et le changement de direction est brutal : Aleph perturbe, dérange, déçoit, fait danser, explose les neuronnes, tout ça en 14 morceaux assez inégaux.

Gesaffefstein oscille entre de l’ambient et une techno lourde vaguement familière avec les tracks qui ont fait le succès de ses débuts ( AufstandControl MovementHatred,… ). On remarque assez vite que les longues collaborations avec son inséparable ami Brodinski ont ajoutées un côté hip-hop/Trap  qui ne sied guère à l’univers industriel de l’artiste, notamment sur le vulgaire Hellifornia, vaste explosion électronique parsemée de beats surfaits, sans doute supposés procurer une dimension black et hype bien appréciée des kids à casquettes.

Les morceaux ambient quant à eux, font instantanément penser à Kavinski, sur la fameuse BO de Drive que tout le monde connaît désormais. Et c’est dommage, car l’univers de Gesaffelstein, noir et froid, aurait pu déployer de fantastiques minutes glaciales et merveilleuses si elle n’avait pas « évoluée » vers ces contrées de techno populaire. Les notes de guitare du morceau titre de l’album, Aleph, étaient ainsi surprenantes mais gracieuses, et le synthé Nightcallien vient tout gâcher. Cette influence est encore plus frappante sur le formaté Nameless.

Heureusement, certains morceaux remontent le niveau : Wall of Memories, lancinante mélodie fantomatique, angoisse et fascine, murmurant d’incomprehensibles secrets venus de l’au-dela dans nos oreilles,  Trans tabassera bien une fois placé dans un des mix infernaux dont l’artiste à le secret, Piece Of Future, véritable ode à la beauté, grimpe en une explosion progressive qui fait songer au maître Aphex Twin ou encore Values, bon compromis entre l’hommage aux origines de la techno et la sauce Gesaffelstein.

En conclusion, Aleph plaira aux hipsters à la pointe de la mode et au grand public qui a découvert l’artiste avec ses collaborations sur Yeesus, tandis que les fans de la première heure devront compter sur les concerts pour découvrir l’album dans un contexte remanié, car les montées et kicks chirurgicaux ne sont hélas, pas au rendez-vous.

Affaire à suivre.

 

Synopsis :