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Musique [Interview] Arielle Dombasle/Nicolas Ker : La Cigale et la Fourmi

Publié par Luigi, le 11 novembre 2015

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Dandy, punk, maussade, tentant de réunir toutes les briques de son être, Nicolas Ker est l’archétype-même du poète noir à la tête de groupes alternatifs branchouilles. Et pourtant, il sait aussi composer des mélodies plus accessibles. Preuve de son incroyable talent. Sensibilité et mélancolie sont forcément liées. Comme un artiste ne trouvant pas sa place dans notre monde, il a erré… et rencontré mademoiselle Arielle Dombasle. Depuis, ils ne se quittent plus. D’un single sur « French Kiss » (pour lequel nous sommes partis à Paris) à un album commun qui sera prochainement dans les bacs, Nicolas et Arielle sont les nouveaux Bonnie and Clyde de la pop électro froide française. La preuve avec l’écoute – en totale exclusivité – de leurs nouveaux bébés. Nicolas travaille de manière, fine, pointue et underground donc de manière un peu plus aléatoire. Etre à leurs côtés, c’est vivre un entretien d’une grande richesse culturelle.

 

Arielle, pour votre nouvel album « French Kiss », où figure votre duo avec Nicolas Ker, vous réunissez merveilleusement bien les deux pôles de votre âme d’artiste : désabusée dans la poésie et très enjouée, très gaie.

C’est cela. Je pense que la gaieté est la forme suprême. Il faut toujours la préserver. C’est une grâce.

Ce côté nonchalant qu’on retrouve dans les chansons, c’est vraiment la touche des Hillbilly Moon Explosion (ndlr : le groupe suisse rock qui a produit « French Kiss ») ?

Oui. Les Hillbilly ont été extrêmement ravis que Nicolas interprète « My Love For Evermore ». Evidemment, par rapport à la force de sa propre création, de sa voix, de son style et de son essence, c’était très peu de choses. Il l’a fait comme ça, pour s’amuser, mais tout le monde a tout de suite été très admiratif et heureux de son interprétation. Ce que j’aime en les Hillbilly, c’est leur côté genuin, véritable. Ils sont assez radicaux. Ils aiment le blueberry, le rock and folk, le blues, etc. Ils connaissent très bien cette période et sont également des compositeurs. Ils proposent des revival mais pas des reprises. Oliver écrit tout et ce groupe est homogène et possède beaucoup de force. D’autre part, je suis pour l’instant déjà corps et âme dans mon prochain projet musical : « Les Rivières Atlantiques« . Il est bientôt terminé.

(Surprise, Nicolas Kerr enclenche ses smartphones pour lancer les compositions déjà terminées… C’est une exclusivité. La musique est froide, organique et lancinante, Arielle pourra s’y plonger en feignant la mort comme une pin-up qui aime trop.)

Arielle : C’est fait comme cela, live et simplement… Enregistré à Paris et à Marrakech. C’est un chanteur merveilleux mais très tourmenté. Je crois aux sensibilités qui doivent se croiser dans l’existence. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il m’a assez parlé magiquement de l’impact des « Pyramides Bleues » sur son existence. C’est le premier lien évident qui s’est opéré entre nous car il a tellement aimé ce film. Pour moi, ça veut tout dire et ça m’a tout de suite mis avec lui sur la même orbite.

 Vous êtes donc déjà ailleurs ! Quelle sera donc la durée de vie de votre disque actuel « French Kiss » ?

Nous avons encore des dates de concert prévues. Peut-être une tournée en France, je ne sais pas.

D’autres singles vont-ils en être extraits ?

Oui. Déjà « Johnny Are You Gay ? » sera l’hymne du festival cinéma LGBT de Paris « Chéris Chéries ». Et le clip arrive bientôt…

 

La veille de cet entretien, Arielle Dombasle et Nicolas Ker étaient sur scène à La Cigale. L’indomptable dandy a assuré la première partie en compagnie de son groupe Paris. Un investissement perceptible pas toujours bien encouragé par une salle restée statique. Bien qu’étant rouges comme un baiser romantique (celui qui est le symbole-même de « French Kiss »), les sièges choisis par La Cigale et le tourneur d’Arielle Dombasle n’étaient pas un choix approprié. Mais nouvelle chance de danser et vibrer à l’horizon ! En attendant de la redécouvrir sur une scène belge, Arielle sera en concert au Bus Palladium (Paris, 9ème) le samedi 28 novembre prochain.

Réservations prochainement ouvertes via le 0033/(0)1 45 26 80 35 du lundi au samedi de 13h à 23h.

Un concert filmé par la chaîne Arte.

Entretien : Luigi Lattuca