Incourt aussi a son festival
bîp bîp, allo Michel ? Oui ok bon festival !
Chronique
Incourt, c’est un petit coin qu’on oublierait d’indiquer sur une carte et qui, pourtant, est au milieu du brabant wallon : à droite, il y a Wavre ; à gauche, Eghezée n’est qu’à 12km et derrière moi, je reviendrais à Jodoigne.Je ne suis pas encore sorti du bus que j’entends des hurlements, et des sonorités métalliques sorties de six pieds sous terre : un hard rock pur et dur ! Je ne comprends d’ailleurs pas les paroles ; est-ce en français ?
Je m’approche donc de l’entrée ; juste avant, le traditionnel vendeur de hot-dog à deux euros. Cà et là, de petits groupes discutent et avancent en direction des guichets. Le son s’interrompt : ‘Eraser’ a terminé. Mais voici que le guitariste de ‘Mas mappers’ touchent les cordes de sa guitare ; c’est décidé, je vais d’abord dans les backstages !
Très vite, je repère le chanteur de The Tellers ; à dire vrai, nous sommes une quinzaine sous la tente et à peine assis, Nicolas – ancien membre du groupe – me propose une ‘chope’. Que j’accepte naturellement !
L’ambiance est décontractée ; Ben joue quelques accords ; il est loquace, il attire l’attention des bénévoles et d’un groupe – dont l’âge moyen était de 15ans ! –.
Après quelques mots avec Nicolas, je me décide d’écouter la fin de Mas Mappers : mouais. Il n’y a pas foule ; les festivaliers arrivent petits à petits ; les membres de ‘The tellers’ ne seront sur les planches que dans une heure. Avant doit se produire ‘Fmøhl’. Composés des ‘papis’ locaux (ils ont entre 40 et 50ans). Ils sont rock’n’roll et ça me plait assez bien. C’est audible et les paroles sont compréhensibles. Le groupe s’amuse sur scène ; le chanteur, Christian, ne cesse de nous jeter clins d’œil et sourires sincères ; le public, peu nombreux apprécie. Mais je suis interloqué par ce nombre restreint de spectateur. Je me dirige vers l’autre scène : ‘The tellers’ entame sa prise de son ; coup dur pour le groupe qui le précède.
The tellers, ça part de deux jeunes d’à peine vingt ans. Ils sont accompagnés par un bassiste et un batteur, plus âgés. C’est frais, léger, pop-rock des années 60-70. Quand on je les écoute, cela m’évoque une célèbre série américaine des années 80 « Happy days ».
A chaque accord, à chaque parole prononcée durant le test sonore, de jeunes filles hurlent, telles les groupies de Johnny Halliday à ses débuts. Pourtant, le groupe fut fondé il y a un peu plus d’un an.
Malgré quelques soucis avec le micro de Ben, il galvanise la salle, les chansons défilent, les appareils photos crépitent ; l’harmonica est sorti et Fabrice part dans un solo. C’est un réel plaisir de les voir jouer sur scène : on sent la complicité et l’amitié entre les deux guitaristes. La simplicité et la nonchalance affichées par Ben sont déroutantes. Se rend-il compte du succès grandissant qu’il rencontre ?
Pas le temps de prendre un verre. Les dernières notes résonnent encore que la foule se presse et se bouscule vers l’autre tente : été 67 joue dans quelques instants.
Le groupe est en forme, Nicolas, le chanteur attire les premiers « je t’aime » dès son entrée. Pas stressé, il affiche un large sourire à chaque chanson. Il ne se contente pas de chanter ; il vit ses chansons, il croit en elle et les habite par son tempérament. Le pied de son micro en a souffert.
Contrairement à ‘The tellers’, été 67 est connu partout en Belgique francophone. Le groupe essaie deux nouvelles chansons qui satisfassent les fans.
L’ambiance est à l’improvisation : Nicolas descend de scène et prend un petit bain de foule ; en fin de spectacle, c’est le public qui s’invite sur scène ! Pas (assez ?) de stewards pour empêcher les plus déterminés de monter. C’est ça aussi la chance des petits festivals.
Après une kriek, voici venu le temps des interviews. Après moult recherches, je retrouve enfin Ben, assis sur le bord de la route, en compagnie d’amis, en face du vendeur de hot-dog. Il s’écarte afin de me laisser une place. L’interview commence.
L’interview achevée, je m’en vais écouter sharko, qu’on entendait de l’extérieur. Agréable, on sent que le groupe a de la bouteille. Bien qu’ennuyer par un larsen persistant, le chanteur garde son calme et présente ses excuses pour le son. Puis, il enchaîne par “No contest (I am the best)”. Il est déjà 23h40 et je n’ai toujours pas trouvé été 67 ; c’est contraint et forcé que je retourne dans la tente (où une coordinatrice me propose de rentrer en voiture à Bruxelles) et trouve été 67. Nous prenons des bières, je lui installe le micro-cravate qui le relie à mon magnétophone. Une bénévole arrive avec ses enfants pour un autographe. L’ambiance est plus que détendue, une bière se renverse ; je sauve mon magnéto’ de justesse. Doucement, j’entame une série de questions.
J’ai tout : des photos, les interviews enregistrées, quelques notes. Avant de partir, je sympathise avec la charmante présentatrice de la soirée, qui animatrice sur la radio locale (Must FM). Car c’est cela aussi, réaliser une chronique. Ce n’est pas qu’un papier et un bic, ce sont aussi des personnes, des rencontres et des découvertes.
Maintenant que j’ai tout, on peut repartir à Bruxelles. Je ne suis pas partisan du hard rock et du métal mais le festival, encadré par des bénévoles, est quand même bien agréable et je regrette de n’avoir pu rester plus longtemps ! Attention au son toutefois.



