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Cinéma « Nicostratos le Pélican » d’Olivier Horlait

Publié par Matthieu Matthys, le 5 juillet 2011

Avec Emir Kusturica, Thibault Le Guellec, François-Xavier Demaison, Jade Rose Parker, Valériane de Villeneuve

Yannis a 14 ans et vit sur une petite île grecque qui a su demeurer sauvage. Depuis la mort de sa mère, la relation qui l’unit avec son père, Démosthène, s’est durcie. Lors d’un voyage à Athènes, il sauve d’une mort probable un jeune pélican du nom de Nicostratos. Contraint de l’élever en cachette pour soustraire à la colère paternelle, Yannis devient bien malgré lui une vedette dans son île qui se trouve transformée par le tourisme grâce à ce magnifique pélican blanc, le plus grand oiseau d’Europe !

Si il y a un sujet qui fut bien exploité par le cinéma, c’est bien celui de l’enfant accompagné par un animal quel qu’il soit.

De Belle et Sébastien à Mulan et Mushu, ces exemples d’amitiés ne manquent pas dans les aventures que nous a proposé depuis des décennies le septième art. C’est pourtant une originalité de présenter un pélican comme ami probable d’un garçon en pleine puberté.

L’histoire de ce conte faussement hellénique trouve ses racines dans un roman d’Eric Boisset. Cet homme, qui est également le co-scénariste du long-métrage, est un fonctionnaire qui s’est épris de passion pour l’écriture biographique dont il use le style. Si le roman a su trouver son public qui pouvait l’imager à sa façon, on ne peut pas en dire autant du film qui a la cicatrice du déjà-vu imprégnée sur le front. En effet, et comme dit plus-haut, il fallait une originalité grandiose pour donner un intérêt quelconque à une histoire d’amour et d’amitié dont on a déjà que trop usé le filon.

L’idée de présenter un pélican n’était pourtant pas saugrenue. La difficulté d’apprivoiser ce grand oiseau et la prouesse technique de le faire évoluer avec des acteurs auraient pu fasciner le plus grand nombre. Mais voilà, sans une histoire béton, on s’ennuie vite. En effet, l’ennui vous guette après seulement une vingtaine de minutes et l’impression d’avoir déjà tout vu vous envahit. Cet ennui a deux causes, la médiocrité de l’interprétation et le manque de retournement scénaristique.

Tout d’abord, les acteurs incarnent de piètre manière les personnages de cette histoire romantico-dramatique. Que ce soit Thibault Le Guellec ou Emir Kosturica, la production nous a servi un duo qui ne fonctionne pas très bien à l’écran. On a beaucoup de mal à établir un lien de parenté entre Demosthène et son fils, et on a encore plus de difficulté à ressentir les expressions dramatiques ou humoristiques du jeune homme qui souffre d’un cruel manque de charisme indispensable pour incarner le rôle principal. Seule Jade Rose Parker parvient à relever le niveau du casting en apportant une touche de glamour et de professionnalisme sur le plateau de tournage. En outre, on aurait préféré des acteurs grecs pour incarner des personnages grecs avec plus de véracité.

Ensuite, on déplore une absence évidente de suspense et d’originalité dans le scénario. Le script s’est visiblement trop appuyé sur la présence exceptionnelle du plus grand oiseau d’Europe. L’histoire étant restée ancrée dans la mièvrerie et le romantisme adolescent, on ne parvient pas à s’intéresser aux éléments futiles qui constituent la trame de fond de cet ouvrage. Maintenant, la facilité paie et plait, en général, aux plus jeunes d’entre nous qui trouveront ici toute la légèreté d’un récit enfantin.

En résumé, la présence du pélican domestiqué est une véritable attraction pour les enfants et sauve, par la même occasion, une maigre histoire de la débâcle.