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Cinéma One World Festival – After Life, 4 stories of Torture de Mervi Junkkonen

Publié par Rédacteur, le 21 mai 2012

Ce vendredi a eu lieu au Bozar la projection d’un nouveau film traitant des droits humains. After Life nous conte l’histoire de quatre hommes différents, venus des quatre coins du monde, mais ayant éprouvé un même sort affligeant : ils ont tous été victimes de torture dans leur propre pays. Un sujet difficile à traiter, tant pour le réalisateur, pour les sujets, que pour le spectateur. C’est sous un angle original, parfois dérangeant, que Mervi Junkkonen a décidé de tenir la caméra. Décision a été prise de ne jamais dévoiler le visage de ces hommes, par respect, peut-être, pour créer une atmosphère pesante et provocatrice, sûrement. Le résultat est plutôt intéressant : le spectateur s’imagine facilement les difficultés physiques et psychologiques qu’ont subi et que subissent toujours nos quatre hommes. Serge, Musa, Kebi et Hector abordent des visions différentes des chocs qu’ils ont vécus. L’un ou l’autre s’en sortent, les deux autres travaillent à leur retour moral. Et le traumatisme n’est pas tendre ! Tous se sont exilés en Finlande, terre d’accueil de nombreux centres de soutien médical et psychologique. Mais les déboires de certains avec la justice finlandaise, tantôt pour faire entrer sa propre famille dans le pays, tantôt pour des problèmes de papiers, empêchent la cicatrice émotionnelle de se colmater. La situation penche alors autour de deux axes : retourner dans son pays, au risque de se faire rattraper par la justice, tout en s’exposant à des remous psychologiques, ou rester encore en Finlande, sous la pression des souvenirs insupportables et de l’impossible évolution?

Le film nous remet face à nous-mêmes. Comment se fait-il que de tels actes soient encore perpétrés aujourd’hui? Comment imaginer ces tortures, comment réussir à ressentir le mal intérieur qui ronge ces personnes? C’est tout le travail qu’a plutôt réussi Mervi Junkkonen, en poussant jusqu’aux derniers retranchements l’esprit et les pensées des victimes. Des aveux qui sonnent comme un devoir de comprendre, de compatir, mais surtout de s’indigner envers et contre toutes ces pratiques abusives, inhumaines. Et c’est vers cette indignation, nécessaire, peut-être utopique, que la réalisatrice cherche à nous guider.

Guillaume Fey