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Cinéma Ouverture du Festival Anima – La Colline aux Coquelicots

Publié par Rédacteur, le 20 février 2012

Umi, une jeune lycéenne, vit dans une vieille bâtisse perchée sur la colline qui surplombe le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse deux pavillons face à la baie, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer… Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…

Ce qui frappe, au premier abord, est la minutie avec laquelle le décor est dépeint et mis en scène. En effet, dès le début du film, la caméra emporte le spectateur tout en haut de la colline aux coquelicots pour lui faire admirer, de sa hauteur, la vue sur la baie du port de Yokohama. Ce n’est qu’après cette vue, au demeurant sublime, que les personnages principaux sont abordés. L’importance accordée au décor est si grande que ces deux personnages, Umi et Shun, semblent bien petits dans cette ville foisonnante et en plein changement.

Pourtant, ce duo, qu’un secret peut diviser, fait preuve de dynamisme, de courage et de persévérance pour voir leurs idéaux, voire utopies, continuer à vivre au travers du foyer étudiant qu’ils tentent de sauver.Malgré ce dynamisme, c’est encore le foyer qui impressionne le plus, dans son joyeux bordel et la couche de poussière révélatrice de ce passé si important pour les personnages et par extension, pour le duo père et fils Miyazaki.

On reprochera une animation trop stylisée, à la limite du croquis en ce qui concerne les silhouettes. De plus, l’histoire passe au second plan, par rapport au décor sans cesse sans cesse omniprésent, hypnotisant, de ce Japon entre deux mondes, à la veille d’une urbanisation forcée.

A ceux qui regrettent le monde féerique de son père, on ne peut que mettre en avant le décor de ce Japon des années 60 dont Goro Miyazaki a utilisé les moindres détails : marchands de poisssons, préparation du petit-déjeuner pour toute la famille, du bento de l’école…. Un Japon en plein essor, mais avant son urbanisation grandissante dans lequel on retrouve, en fait, ce monde de féeries quotidiennes empreintes d’une nostalgie du temps passé.

On retrouve également ce souci du Studio Ghibli, du temps qui passe et des destructions que l’Homme programme pour soi-disant moderniser son environnement. Mais là où son père ne fait que décrire la fin d’un monde comme dans Princesse Mononoké ou Le Château dans le Ciel, Goro Miyazaki montre qu’on peut trouver une solution pour sauvegarder son histoire et faire en sorte de l’ancrer dans le présent et le futur pour le bien de tous.

Ce film est de nouveau diffusé samedi 25 février, dans le cadre de la programmation du Festival Anima 2012

Adeline Delabre