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Théâtre Petites histoires de la folie ordinaire au Théâtre 140

Publié par Anne-Sophie Saussez, le 27 octobre 2011

Texte: Petr Zelenka.
Mise en scène et interprétation: Collectif DRAO (Stéphane Facco, Thomas Matalou, Benoît Mochot, Gilles Nicolas, Sandy Ouvrier, Maïa Sandoz et Fatima Souahlia-Manet).
Lumières: Kelig Le Bars.
Scénographie et costumes: Catherine Cosme.

Un célibataire trentenaire prénommé Pierre, une soirée bien arrosée, une poignée de cheveux coupés dans les poches… D’entrée de jeu, un tableau peu banal à l’image de la pièce. Pièce qui, tout au long de son heure trente, nous plonge dans un flot de réflexions : Qu’est-ce que la normalité ? Où se situe la limite entre la raison et son pendant, la folie? Et c’est avec un grain de fantaisie et une bonne dose d’humour que les sept comédiens prennent un malin plaisir à nous balader le long de cette frontière que Petr Zelenka semble presque abolir.

Face à la solitude et tiraillé par bon nombre de questions existentielles, Pierre suit les conseils de son entourage et impuissant, se laisse au fur et à mesure imprégner par leur petite histoire : Jeanne, son ex attirant les hommes par le biais d’une cabine téléphonique, ses parents mal assortis et leur psychologie superficielle, son meilleur ami dit la mouche s’adonnant à des plaisirs solitaires quelque peu étranges, un voisin exhibitionniste plutôt envahissant et un patron révélant ses amours interdites. Mais derrière chacun de ces personnages déjantés se cache une personne banale, un être humain en proie au mal de vivre et au mal d’amour. Ce texte intelligent, fluide et sans retenue ne peut que nous toucher.

Comment ne pas évoquer la mise en scène ? Cette dernière est remarquable! Chaque petite histoire apporte son lot de surprises et de rebondissements. Au départ assez ordinaires, toutes virent inexorablement au burlesque. Petit à petit, la folie envahit la scène, nous emporte avec elle dans un tourbillon infernal et ce, jusqu’au final ! Les tableaux changent à vue et au rythme d’une musique entraînante, les comédiens jouent avec notre présence et nous prennent pour témoins de leur loufoquerie. Et… un voile blanc, créant un cocon d’intimité et une ambiance plus onirique que réaliste, vient structurer les petites histoires avec une efficacité sans égale.

Un petit bijou d’originalité à tout point de vue !

Si l’envie vous dit de passer un moment de douce folie, le Théâtre 140, lieu de convivialité et friand de nouveauté et d’originalité, vous attend!